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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 13:55


...une certaine façon d'exister, ni absolument fictive, ni absolument réelle,
qui sans engager l'avenir, tenait tout de même compte du passé...


Louis Ferdinand Céline, D'un château l'autre, 1957


Grand temps du retour: courbé au sein maternel, puis échappement de l'adulescent.
Puis ? Premiers progressifs, ne plus se voir net des pieds à la tête.
J'aurais pu, Petit Chose néoténique caché dans la maison que je regrettais encore maternelle, allumer le chauffage.
Avant, on se contient, social, et peut-être c'est bien.
L'Amour vient à déporter (en amitié, en mots ou en maîtresses)
Gigantesque compromis
L'angoisse (de mort) s'y sent un peu piégée, ralentie
Au risque de fulgurances circulaires
Je donne procuration, même si je ne pense pas revenir: je ne refuse plus la surprise.



Pour flotter sur le sable, seule une double maison-bateau,
 un tonneau interne, maison-berceau sur un axe fixe,
un tonneau externe tournant constamment sur lui-même...


Abe Kobo, La Femme des sables, Stock, 1962


Elles sont belles sans être sexuellement très attirantes. Il y a là plein de femmes, il y a une porte, elle la fermera, laissant entrer la quête et le désir. Le lecteur croit à un géniteur pris au piège pour renforcer l'effectif de la secte.


La vie, c'est simplement savoir qu'une femme existe.
C'est tout.
Le temps n'a pas cette réalité première.


Antoine Volodine, Dondog, Seuil, 2003


J'étais confiant ici en l'attente multiple. Etre en danger justifait ma retraite. Un monde clos où on ne faisait que répondre à vos questions par: « pensez-vous réellement vouloir repartir ?»*  Seul et absolu dans l'attente d'elle.


L'enfant est seul à pouvoir tirer la conclusion logique: partir.
Non pas lutter. Ne surtout pas lutter: partir.
 Trois mots vous donnent la fièvre, vous clouent au lit: changer de vie.
Reste l'ultime opacité, du côté du proche avenir - la peur de mourir.


Christian Bobin, Le Très-Bas, 1995



Les amants restent, les lieux vivent, les mots mordent, les fêtes agissent et les refus frissonnent. Excitante chaîne. Et pourtant j'aime encore tous les ciels de tous les matins. Un oeil sur la brune, un oeil sur la blonde. Belles, complémentaires, complices, diachrones. L'une ouvre un oeil, l'autre cligne, tout dans les traits et les mimiques les oppose et les unit, parfois les lèvres précises s'immobilisent et les deux têtes se tournent, ensemble cette fois, vers l'orateur. Merci beaucoup. Un survivant vaudrait plus qu'un réfugié.



Every heart
 every heart to love will come

but like a refugee

L. Cohen






*James Hilton, Horizons perdus, 1943

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Published by panopteric - dans le grand bleu du ciel
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