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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 22:23
didascalie
(Il est assis au bureau colonial de Sri Aurobindo, Edouard Glissant entre dans l'île, la forêt craque trois coups d'oiseau-klaxon)



Une forêt nouvelle et un banian de toujours. Une liane, une chambre, nos mains et ultimes étoiles. Des répétitives, aussi. Autant de retrouvailles près de l'océan. Ce même océan déja, il y a sept ans, depuis quand je n'en finis pas de mourir. De l'échappée rompant l'occident du congrès, à Pondichery, je sais – je suis et je resterai dans cette autre vie, puisqu'elle est possible. Patience qui fleure, indécise et pourtant ferme et douce. Accord des désastres parmi la houle des chemins. Aurore fourvoyée dans cette chambre. Argile qui gravit son propre corps. Je sais, on m'a assis à ta place, j'allais prendre celle de l'autre qui va revenir aussi, je l'attends, et je t'aime. Je parle à toi, l'unique et femme. Je veux tout exposer chez nous, tout se décache chez moi. Juste un lieu-attache, un lieu expression, d'où nous voguerons en nous, chacun, et ensemble aussi. Gravier aimé sur les chemins, redouté sur les plages, couche de vers suspendue là. Par un premier tourisme scientifique. Lui blessé par l'absence. Depuis ce jour la lumière a avancé d'un pas terrible. Enfance-bivouac. Et vous calme dans le fruit. Par une vraie poésie de la vie en la matière, forte et dangereuse à la fois. Yoga parasitaire. Révélation et mon crayon s'éteint. Je suis du nord. Liane à venir, prochain projet, une migrante m'a dit, trianguler à Bélem, sur la côte Nord et ses « posados ». Voici l'argile commuée, l'effraie douce du langage. Fureurs à nu que vient ravir la foi de vous, dans ce champ d'îles non inventées.


Peut-être y-a-t-il conflit très longtemps en nous entre la Terre-mère et la terre-espace. Qui tarde à dire l'indicible, il s'établit dans l'aube. Que la parole à l'entrée du poème hésite encore, c'est témoignage pour l'époux. Nous étions prêts et demandeurs. Réalisation de l'Essence, nécessaire simplicité. Rencontre. Le reste est inévitable, nous allons faire ensemble  passage. Partout, au coeur des arbres et bambous géants en bosquets denses et éclatants craquants. J'aime le soir. Du toit. Des arbres. Doucement vient. Doucement se calment les oiseaux. Hautes fleurs blanches qui vont se confondre. Au tout de la nuit. Très loin de l'épouvante du midi. Et qui est sûr de l'aurore. L'ermite n'attend pas qu'à l'aube dite la terre sorte de son puits, sans aventure. Non. Un midi, elle viendra ! Au plus fort de l'épouvante elle viendra, annoncée d'oiseaux ! J'aime le soir qui dure. Et son léger vent qui porte loin les cîmes. Dessus les anciennes terres rouges. Que l'inutile cri de la vigie scintille d'arbre en arbre, jusqu'à ces sources que l'on voit, là-haut !



extraits en italique:
Un champ d'îles
d' Edouard Glissant

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Published by panopteric - dans le grand bleu du ciel
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