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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 23:01

Vendredi 10 décembre 2010

 

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Reprendre le voyage. L'impératif n'est pas nouveau, mais cette fois il se double du désir de stabilité, paradoxalement, et du confort des différences: il n'est plus fuite. Et même si j'en ai mal au coeur d'enfants et d'amis: il faut repartir, deux, en moi, en nous. Car le proche-loin est sans doute, de tous les accents, et surtout de tous ceux que l'on comprend, le plus exigeant. Et le train, outrage et rébellion, pâturage plutôt que labourage, et au bout du voyage, on oubliera d'enterrer mon stylo, pourtant cassé déjà de tant d'asiles recherchés. Tes yeux, eux, sauront: le train est une langue de chasseurs-cueilleurs. Le train de moi est partie, il est ce Jivago quasi-cévenol, mauve et défoncé, qui vient bien de Marseille, qui va chez nous, joie ! Sang ! Au peu de douleur ! Dix-sept ans ! Mais maintenant cet au-delà du corps, ce cor, qui ne nécessite plus la blessure ! Traversée accomplie ! Toute cette adolescence qui avait été dès son origine jetée à la mer, pèle-mêle de valises d'enfance, tout ce monde rejaillit ! Unique créativité de l'adolescence, qui cède obligée au premier sang, râle de l'androgyne, ne rejaillit longtemps qu'en douleur, traumatique – mais sans aucune créativité intrinsèque des cicatrices rouges – ou longtemps après, et c'est bien maintenant, et c'est bien toi, dès lors ce passage permis, dynamitage.

 

 

 

Va savoir si le mal du pays a une couleur, va savoir quelle est ta relation fatale d'aliénation, de par la langue que tu as tétée. La maladie noire de l'absence,   l'embarcadère, et le Russie-Express, la malle des livres enfin perdue, les moindres aspérités du chemin traduites dans tous les os, car le voyageur a quarante-huit ans, car la comédie est achevée, bonjour, au-revoir, merci, un merci enfin en pas de deux. Chaque fois nous reviendrons de la ville à la campagne pour l'été.

 

 

 

Lecture est allongeails, paperolles, palimpseste. La lecture est cette écriture seconde qui recouvre sans faire disparaître. Une agitation qui garde mémoire.

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