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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 12:28

26 novembre 2010

  route cette espérance

 

 

Un style insurrectionnel. Briller de par l'ailleurs, sans se résigner totalement à s'exiler du temps de l'autre: la littérature est bien à la marge de toute folie, et c'est bien à elle qu'il revient d'accueillir l'espérance radicale. Qu'un pas de plus efface la limite: je n'ai encore jamais su fuir, j'ai voyagé, j'aimais voyager, je ne m'étais encore jamais rejeté cet autre de moi, il m'a manqué le trauma initial, brutal, j'ai dû pas à pas le construire. Nous voici donc, mais à deux enfin, dans les pas d'un voyageur dont on ne sait d'où il vient et qui va cheminer dans une contrée dont on se demande si elle se trouve bien là, comme une vallée de Haute-Loire, autour du vif-argent de la Desges, mais quelque part aussi entre le glacier du M'goun et la plaine de la Selenge, ouverte à l'enfance de ces berges encaissées et luxuriantes du monde du livre de la cheminée réservée, luxuriance gratuite, exubérante, et privée aussi, à laquelle on n'accédait en effet que par le souterrain impossible, mais évident pourtant à l'amitié, interdit encore au hier de toi, car seul le chapitre des bifurcations reste ouvert à l'espérance1.

 

 

 

Antihéros en Asie, usine abandonnée - terre brûlée, mais de quoi ?  - machine à glacer suspecte, et rêve alimenté, et qui garde vivant. La jeune femme très brune, déjà, était surveillée depuis la piste. Mais ce monde de Suds et de peaux très brunes, à venir, venues, fait tant hurler, médire et klaxonner tous ces méfiants qui se pensent immobilisés de toujours... Sommes-nous réellement autre chose que nos dates, que des gestes redoutables, se demandent-ils ? Nous, fîmes des études sérieuses, et reçûmes le grand don d'apprendre à rire de la vie, au lieu d'en mourir, une personne n'est pour nous qu'un remède, une machine vers nous, et qui ne contient pas qu'une forte dose de poison, et qui navigue malgré nos arrière-pensées, nos arrière-grands pères, nos sensations et nos mouvements browniens2. Mais qu'en penses-tu vraiment en ton corps ? La bonne mesure de ce nous a demandé plusieurs amours, n'a pas affaibli l'amour, et un jour dépose un tout en la nouvelle peau de deux.  L'amour dégrise, alors, et plus ne déguise, il nous trouve à la chaleur et la sensibilité du corps,  acquis à la compréhension, notre intellect pâtit-il ? Oui, mais nous trouverons la bonne mesure3. Du monde commun se demande comment penser en amour, et dans quelle liberté du corps; de l'extrême se domestique le corps à perdre4. Car le temps du désir de crise est passé, ou plutôt une crise a bien pu tous deux nous guérir, des milliers d'échardes remises en la forme, et la vie peut venir maintenant décidée, de cet amour bucolique, poésie en pissenlit, magie de leur trans-formation, alchimie sans lien obligé, seuls deux foyers d'attracteurs étranges, et plus aucune énergie réservée. Le rêve ne s'arrange plus au jour le jour avec la vie, nous ne fuyons plus, l'amour surréaliste est tout sauf fou. Voyage sans nostalgie, régal que le paysage ne change pas, territoire en déplacement perpétuel5,  d'ailleurs je ne me souviens plus de notre retour en train, tant de singuliers géographiques, l'espace était sans importance, vraiment je me souviens de tout sauf de la douleur, me disait un autre, se livrant, comme si mon premier exil m'était à jamais immémorable. Nous, n'avions pas de temps à perdre dans cette représentation sans nous. Je guéris du rêve amoureux, du voyage solitaire, épidémique, à rechutes, pour le deux en trêve du temps, lyrique, en pas de deux autour du temps, et je suis tout-à-fait sûr d'être là. Reste un en-jeu, celui de la parole, comme un autre rêve encore, à venir, pouvoir mourir en rêvant, deux, unis de tous nos sens6.

 


 

1. Auguste Blanqui

2. Italo Svevo

3. Anaïs Nin

4. Voir Joë Bousquet, une vie à corps perdu, E. de la Herronière

5. Frédéric Valabrègue

6. Yoga-Vasistha, histoire d'Indra et Ahalyâ

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