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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 16:31
O. Rosenthal, Mécanismes de survie en milieu hostile

Il y eut des Instructions pour sauver le monde, quête (méta)physique des coïncidences et de leurs supports quantiques; il y a aussi des Mécanismes de survie en milieu hostile, d'O. Rosenthal, Août 14, une scène de crime jamais métabolisée, l'autre qui avec nous joue à cache-cache, une traque, un envers de la quête. Les faits ne se contentent pas d'arriver (coïncidences), ils reviennent (traque). Ecrire: on croit contrôler, mais on avance vers le dénouement. On ne sait pas remplir avec des mots, des sensations, des actions, l'état d'être de mort; alors, comme on ne peut décrire, on rôde. On revoit la bifurcation. On donne de l'écho à cette voix qu'on n'a pas écoutée, encore.

 

Mieux vaut n'avoir personne à qui parler que de réciter les litanies d'usage. Alors : le nuage, oui, l'aspiration, l'exil de soi-même. Et pourtant, ce lien qui pleure, qui pleure au lieu: ici est peut-être la tentative d'exorcisme d'O. Rosenthal. Rien de factice: elle pense « fictionner » en écrivant, mais elle se reprend vite: écrire c'est retrouver ce qui avait déjà-toujours-eu-lieu, mais notre mémoire s'y ajoute, et dans notre aura, qui, elle, se collapsera au mieux, le fait reprend son voyage, le réel circule son infini limité à notre fractale d'hier. « La peur est une méthode pour s'ignorer soi-même et donc se conserver » à ce qui, justement, fut l'objet de notre mémoire. L'attente nous rétrécit, la séparation qui s'étend nous élargit, mais aucun lien ne cède, quelques tous contribuent d'Un... C'est mieux qu'au moins l'un des deux suive... Quitte à mourir : en restant, plutôt qu'en marchant, ce départ au loin je le force, alors qu'il me faut écrire...

 

Elle a déjà abandonné l'autre, l'amie, qui meurt, avant que de vivre sa propre NDE : alors elle y est seule, alors elle revient. « Rejoindre » ceux que l'on a autrefois aimés ? On ne peut se disjoindre de ce qu'on a regagné d'expérience. Elle protège son lieu, son tiroir, sa turne, sa maison, de l'intrusion, des morts sans doute. Les étrangers, dit-elle: ceux qui naissent, entrent par cette pièce là... La connaissance spéciale, continue-t-elle, qu'ont ceux qui savent rompre et fuir...

 

Où l'on passe maintenant des visions de NDE, volodiniennes, à la scène du crime : on n'attend plus le mort, on le pousse. Jonction. Sommes-nous tous ? Qui ? Est attaché « au pied de son lit » ? Il n'y a pas de mélancolie géographique, mais on transporte les graines de ses fleurs roses. Scènes d'infraction, gestion, police : trouver celui qui n'a pas de rôle dans la scène. Qui Est. « J'ai compris : on se laisse fouiller par la mort » (ce que nous refuse la ville). La rencontre : « Il occupe dans mon esprit un lieu qui avait déjà, en creux, sa forme » : nous avons le même corps. « Le manque est la forme la plus accomplie de la fidélité », ce bonheur des petits messages tendres, à interpréter, que nous nous échangeons actuellement dans l'absence, dans notre éloignement géographique imminent. Nous ne serons que des amants du faune, de l'argent, des soirs et des efflux ; faut-il prendre une place pour s'aimer, être dans ce contrepoint ? Refuge ou projet ? « On doit perdre l'autre », et ça passe par l'acceptation des morts, tous, l'abandon de la maison où l'on se retrouve toujours. Morts patientes, car les suicidés sont des terroristes. Le retour.

 

Cet évidement de la rupture, quand l'autre impose son absence, et se l'impose sans doute, terrible sans doute qui fait espoir. Ce viscère en creux où partir, où, uniquement, travaillent tous les possibles. Ce vide, plein d'affects : est-il le corps, schizophrène, de sa sœur ? Le voyage de Razon dans Palladium, mais ici extra-corporel, au travers du corps creux de l'autre, roman spectral de l'intolérable absence que nous sommes à la vie totale. Enigme de la vie, énigme de l'amour, refus de l'abandon.

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