Echange avec Caroline Fourest, L'Evangile selon l'âge de pierre, Le Monde, 21 mars 2009:
"La compassion ne croit pas à l'égalité. A qui faire la charité si celà marchait ?" "Quelle différence entre l'humanisme et la compassion ?" Les ONG , ces bras des Droits de l'Homme, sont-elles dans le registre de la compassion, ou seulement de l'action ? La bonne volonté peut-elle excuser l'incompétence ? Et par-delà, primer même sur l'action, selon Maître Eckard ? Voilà bien sans doute posé le débat "occident / orient". "Parfois le désir de dicter la morale a même dévoré la compassion", rajoute C. Fourest à propos des récents propos de Benoit XVI sur l'IVG ou le préservatif. Mais la morale est bien du registre du dogme, de l'autorité, du surmoi, elle est attitude, droiteur, tandis que la compassion est humeur, penchant, vers; l'attitude - voire l'action - ne viennent que de surcroît. Ceux qui se croient bien droits à leur place, qui n'ont pas la nausée, mal au coeur, Sartre les appelait les "salauds"... C'est le Soi qui compatit, le Surmoi-Institution qui raidit, l'Être-au-monde qui sent: la morale n'a pas sa place dans l'humanisme, Chère Caroline.