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promenade créative d'un mot l'autre, d'un auteur l'autre, d'une sensation l'autre, en route vers le Réel

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pelote et plaie: Linda Maria Baros et la nation qui se disait matrice



Linda Maria Baros
nous offre de très beaux vers dans la dernière livraison de la revue PYRO. Le chaos ductile d'une pelote, ou J'ai toujours rêvé d'avoir un labyrinthe rien qu'à moi, ce fantasme fébrile (ou adolescent) du point singulier, externe, par où on pourraît explorer tout son corps, le dévider à l'univers, se connaître et y être en même temps:


Et je t'apprendrai comment régner sur ce labyrinthe,
comment en extraire une forme d'ordre suprême
qui change le chaos en pelote.
Tu seras heureux.


Et puis la plaie... Mon pays était comme un continent englouti (...) Les pères étaient rares (...) Les mères étaient effilées comme une larme:

Mon pays - il y a des hommes qui l'aiment
de l'amour passionné des vers
pour la plaie ouverte qui les engraisse.


Quand on croit (ou qu'on a dû croire) la nation matrice, plus ouverte encore est la plaie du corps.


Le sujet du système totalitaire, c'est la pelote de laine quand plus aucun fil n'émerge par une extrémité à la surface, quand il n'y a plus de prise possible de parole, quand la nuit sécuritaire a tout rabouté au programme, et que seules alors sont possibles en communication des explosions des corps.
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