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promenade créative d'un mot l'autre, d'un auteur l'autre, d'une sensation l'autre, en route vers le Réel

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Comme si... Leonard Cohen et Ossip Mandelstam avaient rencontré la même Suzanne...

... et que tous deux nous emmenaient dans un Tao de la douleur (Tristia, Melancolia, Exil, ...), seul noeud d'où l'on peut vivre et parler, car "ni l'amour, ni la peur ne nous laisse échapper" (O. Mandelstam). Baudelaire aussi, faisant mine de choisir, décida le spleen en poésie totale, au noeud de toutes les autres: Amour et Ailleurs.


 

copyright la jolie brunette du bistro d'alco, montpellier

 

 

L'ange n'a pas toujours eu des ailes (...). L'ange, ce serait le fantastique quotidien en tant qu'il est lié à la parole (...). C'est une expérience insaisissable, et je crois que finalement on pourraît comparer aujourd'hui l'ange dans la vie quotidienne à cette scène (...): le regard d'une passante, ce choc fulgurant mais non conservable - et en lui-même disparaissant - qu'est la rencontre de quelque chose qui nous dit ce qui n'entre pas dans un discours.

M. de Certeau

 


L'astre noir scintille dans le miroir. Tout va  La vérité nous est obscure  L'homme vient au monde. La nacre est mortelle. Suzanne attendra les vieillards.

 

0. Mandelstam

Tristia, 1920

 

 


Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle
C'est pourquoi tu veux rester
(...)
Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur

Sur Notre Dame des Pleurs

Elle te montre où chercher
Parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues, il y a des rêves
Des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour
Ils se penchent comme ça toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton cœur

(L. Cohen, Suzanne, adaptation G. Allwright)





Ce qui a résisté — inalliable, inoxydable,
Brûle comme argent féminin.

Et le sobre travail argente

Le fer de la charrue, la voix du poète.

 

O. Mandelstam
1937

in La planche de vivre
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