Chacun de nos instants présents est en effet soumis au grand programme du techno-politique, chacun de nos instants est en effet la conséquence d'une décision passée, d'un acte passé, d'une transaction passée, car nous vivons dans un monde où la causalité est reine, où rien ne peut être "gratuit" au sens de libre, d'acte gratuit, désintéressé.
Chaque jour, à chaque instant, médias et politiques nous assènent qu'il n'y a pas d'alternative, qu'il faut pour notre sécurité rester dans les rails de la pensée unique: médias et marchés nous emprisonnent dans cette vision "nécessitariste" d'un monde où la pensée libre, flottante, devient exploit. Car il faut bien, pour survivre dans un tel modèle, travailler plus et penser moins: loin d'être gratuite, la pensée est coûteuse...
Les politiques donnent l'exemple de cette non-alternative par leur absence de pensée, leur a-pathie, cette inscription obligée dans ce modèle supposé unique, dont ils n'envisagent même pas les limites puisqu'ils y vivent au centre baigné d'or, et nous loin dans les marges difficiles, où surgissent les questions, mais où sont absents les micros (seules des caméras de surveillance, productrices de muettes images... ).