promenade créative d'un mot l'autre, d'un auteur l'autre, d'une sensation l'autre, en route vers le Réel
S en Baie de Somme. A Orléans, le Lutétia cendre encore au 2 rue Jeanne d'Arc; et les deux couronnes de la cathédrale, pourquoi deux ? Le bas-flanc du religieux se pose bien sur le rempart du réduit fortifié du Bas-Empire, assiégé de doutes; repasse le SDF-tirailleur et son sac, et son bois. Je roule depuis vingt ans, aucune arme sous le portail de Jeanne, qui sonne faible et n'attire que hors d'Europe. Bourges, rac durassien en terre, pour mécréants de l'horizontale, puis Malraux, en exposition universelle et coloniale bien sûr, barattage de briques rouge, ignoré. L'arc-boutant protège des fissures de la nuit, élévation. Montluçon est toujours douloureuse et inaugurale, de guerre, de travail forcé évité: Centre-France. Puy-de-Dôme, tout change, la couleur, les verts, et la bouffe ! Vierzon : vivisection d'une ville en phase terminale. On n'y pose pas son barda. Rien n'éclaire. On y oublie l'air libre. Hiroshima (on n'est pas si loin de Nevers) ! Morte-en-ville ! Seuls quelques rastas autour du Centre Social, le reste, cartons, s'effondre. Gigantesque gare d'herbes même pas folles, d'herbes en hier. Chartres ! Méritait l'ultime, lente, grise à décoder, à pieds. L'essentiel de loin, cuivre à 360°, le whisky y goûte, gagne, fort, enfin un sourire, ma râlerie s'y décocte, jolie frisottante, gratuite, qui désengorge la cathédrale des derniers cathos rescapés, lepénisants. Nous sommes Rue des Changes. Sous le feu, elle s'en va, luttant, lumières qui grimpent les vitraux, applaudissements.