Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 21:48

... septième vague vous envoie
tous ses éclats magiques  de Noël !



Marie-Madeleine dans la brume








notre envoyé spécial, Indiana des Brumes


             Chez Cabalus



       Vézelay , Cholon-sur-Cure, les Saintes-Maries de la Mer, La Sainte-Baume: c'est le triangle de septième vague... on y reviendra... l'os ... la pierre... la mer... le feu...
Partager cet article
Repost0
22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 20:00
Septième vague: je n'avais pas à compter, à vérifier, moi (link), puisque l'aïeule le disait: "regarde bien, la septième vague est toujours la plus forte". Je comptais quand même, mais j'étais la septième vague, je la savais, immergé, heureux. Septième vague, quelque chose de l'englobement béat, via les mots, dans la matière; de la tendresse rare, aussi, associée, à cette septième vague qui devait forcément arriver, avec l'aïeule qui venait là pour nous, et il n'y en avait pas beaucoup d'autre, de tendresse, dans cette enfance là; passeur social, aussi, la septième vague, accroche à la génération, et espoir pour demain.



Je t'ai espéré la neige plutôt que le crachin, et il fait soleil, à bientôt peut-être, tu es ma septième vague. Ce soir l'air s'est vidé de toute particule à l'horizon du pâle. Et apparaissent les caps, toujours invisibles à l'habitude, et plus qu'à l'habitude. Une précision, un dévoilement, dévoilage, volière, à la limite du normal. La côte en est raccourcie, et nous (les quelques humains en merveilles aimantés ici), enfin moi, trop près. Bleu-blanc d'avant l'homme. Surtout vers le Sud, cette supra-netteté échappée du degré zéro du paysage. La frappe des vagues y est aussi, son, dans cette affaire, malgré sa régularité d'oubli. L'eau avance pourtant, apporte nappe après nappe, restaure l'espace-côte-attrape. Le réel n'est pas alors de rentrer dans la ville, perte, mais bien de marcher sur l'eau.


Conflit, comment le conflit accapare et épuise: tellement c'est clair ici, emprise, en mère. Mais combien aussi est une, forte, nouvelle, à chaque coucher du ciel, déchirure de la peau-sujet chaque fois plus étrange, cette septième vague qui vient s'épuiser juste à mon pied, roulant le seul coquillage trouvé à gauche de son centre, jamais au centre, et quelques algues accrochées à venir, sous les assauts des astres qui contournent, il n'y a plus qu'une force, las les physiciens perplexes, une force bleue et claire, las les dermatologues, une force de la non-tunique.


Laissera donc place à votre interprétation, le fil ne sera pas perdu, seuls certains savent dire ces demi-maux, la moitié non-dite au moins aussi forte par son reste. Je fuis la saumure pour le saumon frais, le tamisé pour la terrasse, la télé pour le dire. D'un bocal l'autre, je revis. Merci à toutes mes prisons.
Cette mer a besoin de moi.
Mais ne suis-je plus déjà qu'un point libre ?
Théorie - extase et retour - de châteaux de sable: rendre à la mer.
Plage qui s'étire sans fin autour de chez nous.
J'aimerais l'orage me baigner avec toi.
Autant de bouées
Jaunes ballotées dans l'or.
Au retour j'ai pu traverser
en tout cas dans ce rythme plus lent, celui du feuillage et du livre. Au loin, du monde, parvient l'imposture: "Mesdames Messieurs, votre attention..." et la période du sol. Mon balcon n'a plus de porte de sortie. Le tribunal peut bien me convoquer doublement.
Ma non-douleur scelle ce monde.


Partager cet article
Repost0
21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 00:32


... se sont évanouies toutes les illusions d'une totalité représentable,
il nous faut réinventer de nouveaux modes de représentation.

                        Enrique Vila-Matas



Interlivre hypertexte. Jeu des possibles sur les failles de l'aujourd'hui incertain, autour d'une origine rappelée des brumes. Et quelques autres autosics. Pourquoi donc vaguer dans les pages des autres alors qu'il est si doux de voguer dans ses propres plages ? Dans ses laisses de vie.  Une fièvre bleue, sans maladie: l'enfance. L'espace empli, mille directions sauf le temps, comme une grande pièce claire ou un jardin d'été ombragé. Lecteur, trouve ton propre fil. Respire une page blanche. Respire. Et voit. Voit tant de voyages pour un si petit bagage.


On pourrait abandonner l'écriture
devant les signes de lente combustion de ce qui est grand,
 être son lecteur idéal, reflexif, vorace,
 amoureux de chefs-d'oeuvre.

                        Enrique Vila-Matas


Ne pas dire, ça tombe bien d'ailleurs je ne sais pas dire.
Mais donner des plates-formes de dire.
Aujourd'hui je fais le choix (?) de l'écriture fragmentaire.

Terrible force de ce monde ancré, force des espoirs, engobe d'illusion, patine forcée, d'où il faudra un peu d'alcool pour s'échapper, un soir.
Il faisait beau, disaient les passants rapides. Rien que des lignes droites dans la ville. Emboîtements, logique escalier et marches vides. Mais ça va s'ordonner tout seul.
Retrouver comment s'abandonner dans l'instant.  Au petit matin rare, ou dans l'air déjà épais d'un printemps-automne.


... et une femme, jeune, belle, à la poitrine fière et tendre, sans enfants (l'enfant n'est pas tendre et la femme lui donne tout, et toute la force de son sourire vierge), coeur croisé en sortie de brume, chaque matin, et pas sur le trottoir d'en face.






- E. Vila-Matas, Abrégé de  littérature portative, Paris, Christian Bourgois, 2006




Partager cet article
Repost0
18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 11:31

Une carrière. Ces deux mots sentent bon le titre d’une autobiographie sérieuse d’un homme ou d’une femme de la fin du second millénaire de notre ère, bien installé(e) dans la consommation, et qui a beaucoup construit. Réussite expliquée au monde, quand, après un empilage exponentiellement croissant et auto-entretenu de promotions, de pistons, de calculs, d’efforts, de choix de pouvoir, beaucoup d’argent investi et retrouvé au centuple, Dieu merci, d’influences amicales bien utilisées et bien retournées, on se dit qu’il faut faire profiter de la recette simple de cette réussite, quand tout risque de partage est écarté, et les fistons bien lancés. D’ailleurs ça pourra les aider. Une superbe illustration de la linéarité du temps, enfin correctement déployé en surface, lisible par tous, enfin ! Une superbe illusion, du "Coué" classique.

Savoir, savoir-faire, savoir-être: trois étapes de la vie, évidentes pour ceux qui ne sont pas aveuglés par les attraits du pouvoir-profit, qu’ils soient paysans hindous, psychanalystes, ou poètes. L’homme occidental tente, dans un dédain illusoire, d’inverser les âges de la vie: produire avant de connaître. Et toi, et toi, tu refuses tellement cet artifice que tu tentes d’aller directement sur le chemin blanc, que tu t’imagines avoir assez de feu pour, sans avoir pu être un jour maître de ta maison, t’enfoncer déjà, seul, dans la forêt des sages et des renonçants.

Il a retrouvé les Bardes  de son enfance. Pauses, retours, redécouvertes, souvenirs, impressions, vécu. Une route vers les origines à l’échelle des générations, du Clan primordial, et non de l’individu. Un cycle ininterrompu mais caché par l’invasion d’un néolithique agressif, d’une invasion de cauris. Un jour, l’or s’effondre ? Les puces s’envolent. Transgéniques et siliconées, elles terrorisent les nouveaux candidats à la richesse. L’Ordre inégal à toujours une richesse d’avance. Mais les Bardes jamais ne se résigneront. Ecoute-les, chante avec eux si tu veux te libérer de cette galopade écrasante et stérile qui jamais ne te demandera ton avis. Arrête-toi, moulin de l’oubli ! Nous avançons sans cesse et en vain, notre soif de construire des routes toujours plus vite et toujours plus riche est sans avenir, car nous ignorons le passé. Faire demi-tour ? Nous serons les seuls à en profiter, quelques instants ou quelques années, et nos enfants ne verrons à nouveau que des routes superbes, vides d’hommes, et s’écartant soigneusement de l’esprit. Qui pourrait leur dire la volte-face illusoire ? Et d’ailleurs quelle importance ? Alors, arrête-toi. Et retourne tes yeux, au moins un instant, parfois, souvent. Contemple tes pas. Lis dans tes traces et dis. Et ne passe la barre du moulin que la main dans la main de l’enfant, tous les yeux dirigés vers la trace. S’arrêter, regarder, dire. Chacun de vous deux ensuite... Plus rien ne s’effacera.

Le printemps. Le jour, l’instant, où la coextensivité de chaque chose est pleinement révélée. Le jour où les impressions de voyages nous bombardent sans que l’on bouge, simplement en respirant dans la rue. Le jour où le souffle lent de l’air, la consistance légérement particulaire de la lumière, et la fraicheur parfaitement stable véhiculent toutes les parcelles de la rencontre et du bonheur partagé. Tous les jours pour le Brahmane du temple de Jesalmer, les bras levés, debout sur une butée en pierre surplombant l’eau, laissant le vent glisser sur l’étoffe qu’il lui offre.

Ecrire pour agir, laisser une trace plus accessible de ce chemin intérieur que nous construisons tous, chemins qui se croisent, tôt ou tard, inéluctablement, et rejoignent, et construisent, la Route.





Et puis d’abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux.
C’est de l’autre côté de la vie
          L.F. Céline




Tout ce que je sais, c’est que je dois faire ma valise,
et que les déserts sont grands, et que tout est désert,
et aussi une espèce de parabole là-dessus, mais je ne m’en souviens plus.
            Fernando Pessoa

            Poésies d’Alvaro de Campos



in Le Gémeaux, Lgransec
Partager cet article
Repost0
19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 14:09

Une vie pressée, galopée, entre le carnet à écrire, là-bas au grenier, et le rêve à retranscrire, tout-en-bas, de plus-en-plus bas, des mots à ne pas perdre au fil de la vie-oubli. Les personnages... ils sont cet oubli, ceux qui vous vivent au quotidien, ceux dont vous voudriez être entourés, qui sont ce manque permanent, ceux dont vous souhaitez faire chambre-à-part et qui vous sont indispensables. Danger de l'autodafé, me dit H. Nyssen à Arles*. La vie redoutée et désirée, entre le grenier du père, souvent noir de sa propre solitude, et la cheminée, le cellier, le salon, la cuisine de la mère - la vie, une course dans l'escalier, un plan où l'on tente de faire se rencontrer les morts, les vivants et son enfance, ce grand sac sans forme, et sans limites, de l'imaginaire. Il suffirait d'inventer le crayon qui peut écrire dans l'air et l'on pourrait dire ces trois dimensions, puis demander à l'outil, par un simple clic auquel on s'abandonnerait, embrassant sa forme de paroles heureuses, de retranscrire. Hypertexte pour une seule vie. En attendant, on court après le plan, des volumes d'en bas où l'on explore, encore, et puis retours. Ecrire c'est détopologiser le rêve. En attendant, encore, exilés, passants et autres mystiques, sillons, pauvres sillons, indispensables sillons. Et quelques extases. Philosophe épuisé...et Autodafé de son poète.

 

 

*Zeg, ou les infortunes de la fiction, H. Nyssen, Actes Sud.

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 15:01
 

Michel de Certeau, co-auteur en 1974 avec J.M. Domenach de l'ouvrage "Le christianisme éclaté", y livre son credo, qu'il résumera peu après: "S'il y a à chercher Dieu quelque part, ce n'est pas dans un paradis, dans une nébuleuse ou dans une extériorité à l'histoire, mais au contraire dans la quotidienneté de la relation humaine ou de la tâche technique, ou du hasard ou des rencontres du désir et de la douleur. C'est là qu'il y a un rapport à Dieu". Cette quotidienneté, justement, que le concile Vatican II avait tenté d'intégrer, et dont l'Eglise s'éloigne aujourd'hui une nouvelle fois.


De Certeau, jésuite, historien de la mystique, avait analysé la crise des XVIè- XVIIè siècle, quand le pouvoir temporel bascule définitivement depuis l'institution Eglise vers l'institution Etat, et que la parole des acteurs-croyants du quotidien, privés de leur lieu, parole également refoulée par l'écriture qui s'impose, fait retour par la voix de mystiques. Un nouveau "dire" institutionnel s'était séparé du "faire". En totale empathie avec ces porteurs de voix populaires du XVIIè, de Certeau, qui voit dans l'événement 68 une nouvelle "prise de parole" de l'acteur du quotidien ne se retrouvant plus dans l'Institution, tracera le possible d'un christianisme renouvelé à sa base, qui pourrait survivre au vide nouveau des églises. Mais l'Eglise refusera de regarder dans ses marges et dans son avenir, snobera cette voie, et gardera la citadelle romaine (comme, malade, on garde la chambre). Défiante envers les initiatives des années 70, celles des prêtres-ouvriers ou des paroisses animées collégialement par prêtres et laïcs, et au Sud envers celles des théologiens de la libération. Défiante envers un discours chrétien dans un lieu sécularisé. Au risque de l'écart toujours plus grand, et avec en paroxysme, peut-être, l'interdiction de l'utilisation du préservatif réaffirmée par Jean-Paul II en pleine déferlante du virus du SIDA dans le monde des années 1990.


Toujours cette faille entre le faire et le texte, de plus en plus béante. Rupture, non pas peut-être dans les croyances, mais décalage tel avec le quotidien qu'il dissocie croyances et pratiques. De Certeau, disséquant les pratiques sociales en pionnier de la micro-histoire, proposait le réseau en place de l'institution. La nouvelle prise de parole de 68 était la réponse à un système politique devenu "panoptique", au service de l'économie libérale, tel que décrit par Michel Foucault. Devant la traçabilité et la gouvernance de chacun par la toile du système, la résistance ne peut s'y faire qu'en dehors de toute institution, par ces "tactiques" individuelles décrites par de Certeau, par ces "inventions du quotidien". Mai 68 fut effervescence de cette non-institution en mouvement. Non modélisable. Une révolte du droit de penser, mais aussi du droit de croire.


En reléguant le "croyant sans appartenance", l'institution Eglise, elle, se consommait. Réduite en son refuge d'hier, refusant cette voie sociale, elle laissa le champ libre à une version parasociale de la croyance, en essort aujourd'hui, celle des pratiques introspectives individuelles par lesquelles chaque sujet du technosystème peut se libérer de la toile matérialiste et accéder au "grand tout" de la conscience: le "New-Age" et ses risques de dérives, monétisation des pratiques et des "manuels", et étayage sectaire de la foi-fusion des individualismes; perception de l'immanence et non plus croyance, effusion en nappe qui laisse en bas le non-sujet du technopolitique. Certeau inquiéta les chrétiens mieux "institués" que lui. Il portait la légitimité d'une pratique et d'une pensée chrétienne: la marche vers l'autre; seule l'institution s'était déchristianisée. En dénigrant le croire social, l'Eglise condamnait les croyants au décroire du mysticisme de groupe. Certeau, de son intérieur-extérieur, marcheur d'une foule multiple, tenait-il une voie intermédiaire ?


link
septième vague

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 19:36
J'arracherai l'enfance de ses play-stations pour qu'elle replonge en son ambre. C'est une maison sérieuse ici. La lumière rouge tremble et c'est bien. Elle aussi, toutes lignes de noir, est en rouge. Bouge saccadé comme si elle était vue via une web-cam sur un site érotique. Tout ça n'est pas différent. Il suffit d'y être.

David Monchu est né fin 2004. Il est psychologue. Il espère ne pas faire de tâche de gras car le Sud-Ouest est très gras. Actuellement à Paris pour une formation. Va ouvrir un cabinet entre Arles, les Saintes-Marie-de-la-Mer, et Varanasi. Passionné de la période de la seconde guerre mondiale. Car, comprend-il enfin, il se demandait bien, avant, pourquoi cet attrait pour ces luttes, ces armes, ces atrocités, ces despotes et ces opprimés; mais l'écrivant pour une revue, écrivant sur la stigmatisation, les migrants: oui l'écriture est inchoative, et au premier chef  pour celui qui écrit, l'écriture est panneau indicateur et pas biographie, il comprend que nos charters sont toujours crématoires et que tout à commencé à Marseille, en 1940. Le biopolitique qui nous programme se construit toujours sous l'impulsion de l'Axe. Nazis - nous, Occidentaux - nous nous sommes altérectomisés. Mais en une ville, non, un port: naissance des réseaux, des associations d'aide aux réfugiés, David Monchu aussi est né à Marseille où son grand-père paternel (travailla ?) quelques temps. Lui n'y a vécu que quelques années, une vie, retourne sur le Vieux-Port chaque fois qu'il le veut. Selon lui, Marseille s'est retournée en doigt-de-gant, le port était "entrant" jusqu'en 1940, puis devint cul-de-sac. Cul-de-sac pour les opposants allemands, les communistes, les surréalistes et les juifs. Et quelques hommes contre toute une entreprise raciste (lien). De la décolonisation à la stigmatisation. La technosociété chasse ses non-conformes, ses hors-norme. Marseille en emblème de ce centre devenu point de fuite. Nostalgie du Sud, de l'origine, de notre noyau constitutif d'altérité. On en est toujours là. Le livre-centre reste à écrire, et David Monchu aimerait bien en être.
Partager cet article
Repost0
10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:24

   









 

 

 




Retrait de la vie, pseudo-mystique mal comprise, et l'Amour, enfin, enfin... merci à toi, Miss. Et je ne sais que dire d'autre, que l'écho de ces mots qui se répercute dans le silence intérieur, se mêlant au vent chaud qui souffle sur mon âme.......oui.........rien d'autre...........un vent chaud................vent de sable.......brûlure et lumière.........vent avant l'orage de mousson.......odeur de feu........ douche. Lisbonne. Assis dans un parc quand même, sous la lumière des palmiers. Lisbonne ! On ne peut pas jouer dehors, il fait -15°... Alors jouons dedans.



Me fera bander l'âme jusqu'à oser te demander dès le lendemain un rendez-vous inaccessible improbable décalé qui durera pourtant l'éternité de la fusion, l'éternité de l'instant sans peau, de l'instant duveteux peau d'orange velours où j'étais tout en nous, au-delà même de tes yeux noirs.



Des morceaux de soi-même qui sombrent et d'autres qui se colorient. Et l'amour, seule thérapie. Salut. Quand je n'aime pas j'ai un dictionnaire magique qui intègre le second degré. Entraîné par mon tsunami j'oserai enfin pousser la porte de l'antre de la Kundalinî. C'est comme ça que les idées éclatent et passent... Si Pessoa avait connu la gare Saint Lazare avant qu'elle ne brûle, il y aurait mis sa cantine... Lettres mortes ou mots blessants?  Ecrits de personne à personne? Et les trains qu'on ne prend pas? J'imagine un groscodile la panse bien remplie mais la queue coupée. Toutes les queues sont en sécurité. Tout ce baratin sans tête, cyclique et donc vivant. Les saisons seules me sauveront. Entre ville et brousse, la prédiction se réalisera, lentement, et certes pas comme je l'avais pressentie, pas pure géographie. Et croire dans cet avenir à une place pour moi, écoutée au fond du grand sud, à l'appel de la prière, quand tous vibrent avant la fin de l'aube, au tout petit matin du jour à venir qui ne vient pas. La musique pour que cette émotion ne cesse jamais. Chaque musique se nourrit d'une autre qui ne lui ressemble pas: on ne s'en remet pas si simplement d'avoir chanté à huit ans Le temps est loin, de nos vingt ans. On ne se remet pas vite non plus de ces clergy-pères qui disparaissent. Pessoa, évidemment (pas de femme, pas de sexe, pas d'enfant), ne pouvait pas assumer cette alternance. J'espère ne jamais le finir, ne jamais le ranger, ce bouquin. Rangé, perdu.



"Voilà pourquoi je t'envoie un salut impossible". As-tu vu Nocturne Indien1 ? J'aimerais bien que tu dises oui. Devant moi la gaine des taxis, le mistral, et les poubelles urbaines. La ville, comme la maison, comme l'homme, est un composteur. On monte les courses, on descend la merde du chat, on secoue le sable du week-end qui part dans l'évier, sédimenter sous l'eau, s'il n'a pas volé depuis le balcon. Mais tes deux adresses n'existent plus, Miss. Mais je te pardonne.

 


L'essentiel est d'avoir trouve une clef à nous. Les clefs à nous rouillent vite. Ou bien, toutes seules, se refaçonnent. Il n'y a qu'une porte. Mais même quand tu m'énerves, j'aime te lire. Comme un petit mot de rupture que l'on trouve sur la table de la cuisine, en se levant deux minutes après qu'elle ait refermé la porte, défi et envie, malaise mais message. Je suis pas encore viré. Hier un voyage vertical bien à l'ancienne. Et une carrière où on taille des pierres, sans bousculade. Et un hôpital caché où j'emmènerai mes enfants s'ils ne sont pas trop adolescents encore.



Bonne veillée devant la flambée. Enfermées ou brûlées, et l'espace ouvert de la transparence malmené. Pauvre Jeanne ! Que de traîtrises ! Ca infuse quelques dizaines d'années et ça prend.

 


La marque singulière du voyage, entre l’idéalisation de ce qui est resté au loin et l’espoir, même improbable, du retour. Un chagrin d'amour mais collectif, en quelque sorte, pensait-il aujourd'hui à l'approche annoncée de la séparation, le manque et l'a-pathie s'installant déjà. L'Empire et l'emprise perdus. Un deuil inachevé, aussi. Tu rencontres, là, maintenant, après la cérémonie des délires partagés, l'abri passager et secret de ta peau de nomade.



La voix "off", et non l'écrit, ouvre une brèche et provoque un ravissement; et alors les "bruits" l'emportent sur le "message", et le chanté sur le parlé. Une brisure du sens et du temps suit la venue d'une "chanterie", celle des sauvages, ou celle de la grande forêt, quand le rossignolement de l'oiseau fait la vocation du chamane; en elle-même la voix crée la faille d'un "oubli" et d'une extase.2

 



Une comète unique qui nous a tous traversés. Ailleurs et dedans en même temps. Fin d'un cycle, d'une vraie quête préparée par pas mal de trains de nuit. Merci pour m'avoir réveillé ça. Regretter une fille c'est regretter une autre existence qu'on aurait pu avoir; retrouver un copain c'est toujours dans la continuité, pas de rupture. Elle c'est un aller-retour forcément transitoire entre deux vies. Avec Elle il y aura encore bien d'autres ruptures, forcément transitoires elles-aussi, et la finale, la moins violente, l'impossible aller-simple. Je ne fais que "couvrir" une réalité sans doute encore beaucoup plus forte. Voilà qui me rappelle fichtrement notre rencontre des origines sur l'écorce des choses, et les voyages à la surface ou par delà cette écorce. Nous sommes toi et moi des possédés de ces sites, des voyeurs en transparence. Amour et nomadisme. Restons proches.



Il multiplie les concerts, coûte que coûte. Ces soirées sont pour lui des expériences spirituelles, et il a aussi besoin de... d "outils" pour aller plus loin encore. Moi ce qui me fait courir c'est cette étoile vers laquelle il nous emmène - mais qu'il n'a jamais nommée -, seul celà m'intéresse, s'approcher un peu. Je continuerai. En amour il n'y a pas combustion ciproque. Hélas ? Un saut de conscience unilatéral, déjà, et le mal en résidu nécessaire de ce feu... Et pour le « perdant magnifique », cette impression de plongée dans le glauque, et puis toutes les trois pages, émergence en pleine lumière. "Révolution-révélation", je vais peindre ça sur ma bagnole, sur mes pneus, moulins à prière de cette fin égarée du néolithique. Point de reproche. Regrets de ne pouvoir causer plus. De ne savoir. Je reviendrai, je ne sais pas comment. Attends avec impatience novembre et ses magnifiques laisses de mer. N'oublie pas. Le côté noir des gens est certainement une voie de passage au travers de l'absurde. Mais hélas je vous sens bien distante.



Déballage qui sera transitoire pour cause de Tsunami. Qui restructurera les cartons. Les relativisant. Déballant enfin le temps présent. Le grand instant. Ou peut être toi et moi on a fait le tour de ce qu'on avait à y dire. L'absence nécessaire au rêve, et qui permet de faire des stops dans cette vie de... Le temps qui passe en silence, qui dit rien, qui dit tout, comme des bavardes, c'est pas mal non plus, comme une terrasse de café ou un petit coin de steppe à soi, tout petit mais où on est au coeur de tout. Le tsunami approchait à grands sourires même pas échangés.



J'adore ce genre d'assemblage non chronologique où sans tout avoir de façon exhaustive on reçoit le message dans toute sa force... les retours aux versions originales... Le titre "Nightingale" m'interpelle, je ne sais pas encore pourquoi. Le tsunami approchait à grands sourires même pas échangés. Elle et moi seront mariés par lui. Ce sera bien l'extase dans le clair-obscur, bientôt. "Elle sourit et glissa la clef dans la serrure". Ainsi débute sur une porte - celle qu'on approche toujours et qu'on n'ouvrira jamais ici-bas - la quête de Mister Nightingale dans Nocturne indien. Les femmes jalonnent nos itinéraires et sont nos routes en fermant leurs portes. Le rossignol est oiseau de nuit parce qu'il chante aussi la nuit.

 


Le soleil peut attendre. Ah... si cette phase là pouvait durer toujours... on serait tous morts d'amour... après c'est plus compliqué, et plus vraiment mon truc je pense... mais je m'accroche quand même... Les gens capables de vivre toutes leurs vies en une seule sont des perles rares, et tous les autres condamnés à avoir plusieurs vies pour rester libres. Je rentre en adolescence, avec la rage sur le temps passé, mais avec enfin la jouissance d'éclats de vie hors du temps. Quelque lien est en train de se rompre quelqu'en moi. Et tu es pour quelque chose là-dedans, toi qui m'a fait accepter l'assemblage des contraires. Celle que j'aime est comme ce monde que je venais enfin de comprendre, la lumière à partir de la vie, pas à côté d'elle. Regarde: le blanc laiteux intense dans le ciel noir étoilé majestueux monte lentement se disperse mais il restera longtemps une lueur diffuse. Aurore boréale. Quelque-chose de l'anti-éclipse au niveau de la suspension du temps et des esprits. Le groupe entre l'ambiance para-normale et le déjà-vu-rien-d'inquiétant.



Et toi, comment ça s'est passé, la mort ?

Oh, c'était il y a bien longtemps maintenant.

 


So rest in peace my nightingale

Beneath your branch of holly

Fare thee well my nightingale

I lived but to be near you

Tho' you are singing somewhere still

                                I can no longer hear you3


C'est à sa mémoire à elle que je ferai appel pour ce dernier adieu. Absurde ?4 J'ai vu les migrateurs se rassembler sur les fils. Prêts au départ. Noeuds intensément serrés et prêts à voler, fuir-revenir. Il ne peut nous emmener plus loin maintenant. Il ne peut t'en dire plus, ni plus haut, ni plus fort que ce soir au plus profond. Entre le premier et le dernier couplets tout a été ré-écrit. Longtemps, long d'ans. Ce soir même.






1D'après le roman d'Antonio Tabucchi, réalisation Alain Corneau, UGC, 1989

2Michel de Certeau, L'écriture de l'histoire, Folio, Paris, 2002

3Leonard Cohen, Nightingale, album Dear Heather, Comumbia, 2004

4 Sur le 45 tours d'époque le bel accent sur "absurde" me laissait tout chose déjà.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : septième vague
  • : promenade créative d'un mot l'autre, d'un auteur l'autre, d'une sensation l'autre, en route vers le Réel
  • Contact

Recherche

Liens