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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 16:17
l'endroit où l'on naît doit devenir un point de départ
l'endroit où l'on est doit devenir un point de départ
l'endroit où l'on hait doit devenir un point de départ
l'endroit où l'on n'est doit devenir un point de départ



ou rester un trou noir ?

Dans le Berry, adresse signifie direction,
et les adresses, comme au XVIè siècle, les êtres d'une maison
 (dict. Littré)

du naissain (histoire de coquille) à l'essaim (multitude confuse, et aiguille de la balance)
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 11:01


Linda Maria Baros
nous offre de très beaux vers dans la dernière livraison de la revue PYRO. Le chaos ductile d'une pelote, ou J'ai toujours rêvé d'avoir un labyrinthe rien qu'à moi, ce fantasme fébrile (ou adolescent) du point singulier, externe, par où on pourraît explorer tout son corps, le dévider à l'univers, se connaître et y être en même temps:


Et je t'apprendrai comment régner sur ce labyrinthe,
comment en extraire une forme d'ordre suprême
qui change le chaos en pelote.
Tu seras heureux.


Et puis la plaie... Mon pays était comme un continent englouti (...) Les pères étaient rares (...) Les mères étaient effilées comme une larme:

Mon pays - il y a des hommes qui l'aiment
de l'amour passionné des vers
pour la plaie ouverte qui les engraisse.


Quand on croit (ou qu'on a dû croire) la nation matrice, plus ouverte encore est la plaie du corps.


Le sujet du système totalitaire, c'est la pelote de laine quand plus aucun fil n'émerge par une extrémité à la surface, quand il n'y a plus de prise possible de parole, quand la nuit sécuritaire a tout rabouté au programme, et que seules alors sont possibles en communication des explosions des corps.
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 16:43
nonne, chanteuse, gouine: hommage


Et chantent les près et chantent les fleurs !

à
  Jeanine Deckers
(1933-1985)

Une voix magique qui se fera prendre en tenaille dans le mouvement d'ouverture-fermeture de l'Eglise de ces années-là. Beaucoup y seront fracassés avec elle, qui accompagnaient, poussaient, disaient, vivaient Vatican II: "calottes chantantes", prêtres ouvriers, evêques des pauvres, et tout un peuple qui chantait, tout un peuple de jeunes. Aujourd'hui, au moins, a le mérite de la grande simplicité: l'Eglise de Benoît XVI est fermée, enferme, limite, et plus aucune voix ne passe, il n'y a pas de naufragés mais pas non plus de survivants.

(faut-il être en marge de toute institution pour être soi ?)



aujourd'hui, sur la place, et en plein soleil, Luc Dominique

et à tous les enfants qui jouaient avec la lune
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 21:50


Il n'est pas tout-à-fait minuit,  Pâques,
et peut-être mort, il est temps, donc, d'ouvrir ce livre dont j'aurais tant voulu le tome II impossible, et à venir. Acheté pour la beauté, encore aurovillienne, beauté en même temps que La douleur, il sent le vieux bois citronné, vieille armoire, temps qui a passé. Un dire (souvent féminin) d'une impossible rencontre au travers d'extases, de grâces et de blessures. Seul ce soir il peut m'attirer en moi, faire corps, un corps où ressurgissent les chants des oiseaux de l'Inde. Combien, oui, ce livre se présente au nom d'une incompétence ! Il ne s'agit pas d'une voix qui fait retour de l'ancêtre - pas uniquement - car l'absent qui parle n'est plus au ciel ni sur terre mais dans la région d'une étrangeté tierce - il est ce voyeur même qui savait et suivait nos coïts -, d'un entre-deux, et il exprime la ...Saudade !!!, cette nostalgie d'un pays qui est maintenant autre que le notre: ce que les mystiques mettent en cause n'est pas réductible à un voyage dans le passé; cet ailleurs n'est pas autre part, ils le produisent et le défendent à la fois.


La boucle ainsi se boucle en Pessoa, d'où elle naquit, en Nocturne Indien, vers 1989... Vingt ans de "piétinement" auprès de la porte, dit-il encore... Cette entrée n'était faite que pour toi. Maintenant je m'en vais et je ferme la porte.


M. de Certeau
La fable mystique, tome I, 1982



Soleil pâle des jardins de Lisbonne
Joueurs de cartes à l'envers
Malle butée
Fados
Théosophie
Infirmes de nuit à venir
Trains sans voix, intraduisibles, féminins
Inde, immanence, poètes de la poussière
Dillard, Teilhard, Aurobindo
Ici se revolte l'initiatique
J'ai grandi toutes les pertes et de toutes ces portes
Qui se ferment sur Elle, Sekina
De retour, au nom d'une incompétence, prêt


Baiser de mort ?



Je le savais inchoatif, je l'apprends ce soir apotropaïque.
Et je sais maintenant la lecture métonymique.
Aller à Madrid, musée du Prado, Jardin des délices.


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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 18:21


Il fallait la posséder en combat, comme sur le temps du devoir
Revenir en singulière assemblée
Elle, parfaite d'être ébauchée, juste pour ce temps à ne pas s'en aller
Et pourtant sans reste

D'une peau première d'improbable
Celle de la douleur-couleur
Flamme mais comptable à l'oeuf
Sans assurer de faire fruit

Ce qui ne devait plus jaillir
Mais être ce très juste avant, infiniment
Longtemps était ailleurs

A Bréfeldine qui s'en est allée
Que ni vie ni mort ne peut égaler
Cellier de l'harmonie devenue fortifiée

Car je suis réfugié, et tout a coulé, trop dernière secousse
A l'hôtel du toujours Midi
Bréfeldine venait sans fin à la pluie du soir

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 12:54

Plaisir intense, jouissance, à la lecture de Mille-Plateaux. Il y a déjà ce papier couché et ce format souple. Il y a encore tout ce que j'y ai assemblé d'archéologie, de psychologie dans un cycle sans étapes. Cette lecture détache de l'angoisse névrotique, libère ce cette masse paralysante, par acceptation sociale de ces traits dits psychotiques (multiplicité, conscience collective, passages multiples, etc...): Mille-Plateaux est accès à l'inflation du sujet avec mise au dépôt de la douleur sociale; autorisation d'une existence "context-sensitive", libérée du temps, et de la forme:


Révolution


Je finissai ma grève en me levant à 13h00 (non, 1h00, en un seul coup d'attente et plus toute une série) comme d'autres fructifient leur compte en banque en dormant. Réponse automatique.


Les mots s'appellent en blocs dès que l'on s'y adonne. Mais recul, recul, recul:
 je les refuse par ma fainéantise.
 Lever la grève du Moi.



La beauté en plus fort des attracteurs étranges (dit le psy.)
Beauté des attracteurs étranges (dit le poète-physicien).


"Mais ça parle de quoi, ce site ?", me demande-t-elle ?
Même non-discipline.


De remplir (alternative) sa vie d'accident (bris de glace, nuit inquiète et vol)
 fait fleurir l'individualisme ensoleillé de passe-temps
 transparent et consommateur
...
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 17:36
Aujourd'hui: recouvrir mon agenda (euh... fallait-pas ?)
A tous ceux qui s'emmerdent de boulot, ou de pas assez: moi je ne m'emmerde pas
Pas assez de temps pour buller dans ma solidarité des mots
Des mots ? Plus forts, trop forts !
A tous ceux qui stressent-courent: pensez !
La révolution des consciences n'a pas besoin de fric
Mourir ? Personne ne meurt, c'est ridicule !
Qu'en penseront vos enfants ?
Vous leur avez donné l'ipséité: beaucoup
Le reste se désapprend
Amoureux. Soif. Eau chaude: nouveau
Toutes nos moules sont servies avec des frites fraîches
Non à l'homogamie: tristesse
Oui aux luttes (Amour)
Tous à la pyramide ! d'affection
Habiter c'est avoir un dentiste
(sédentaires et nomades: douleur et beauté)
Panne de chargeur: la noosphère doit garder la route. Angoisse du lâcher-prise
Le père aurait-il été surfer sur internet ?
Il me fallut du temps pour le blog
Me paraissait impudique

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 16:36
comment résisterà l'appel  du printemps qui vient ? petit guide pratique
(1) l'hibernome

marmouth du kalahari

L’hibernome est une tumeur bénigne rare de l'homme, composée de tissu adipeux brun (caractéristique des mammifères présentant une phase d'hibernation, et aisément identifiable microscopiquement par ses adipocytes, qui à l’inverse de ceux du tissu adipeux blanc classique, stockent les lipides de façon multicolulaire, et sont riches en mitochondries, caractéristique associée à la production de chaleur). Ces tumeurs surviennent principalement au niveau du cou et des régions interscapulaires ("buffalo humps"), sites  où des îlots de tissu adipeux brun périphérique persistent physiologiquement toute la vie d'un individu adulte (Heaton J.M., J Anat 1972).



Je n'aime pas écrire ce grand "I" tout neuf de janvier
Bien au chaud sous les enveloppes de draps qui pèsent un peu
 Seule la tête agréablement offerte à l'air frais

- "D'abord j'avais rien dit, moi, ça a commencé comme ça" (
Voyage au bout de la nuit)
- Entre-monde sans expulsion forcée (mais sa crainte qui flotte)
- Béatitude utérine: Alexandre le bienheureux
Sûr ! Maintenant !
 Que le liquide amniotique a le goût de jus de pamplemousse
 (c'était le soleil d'alors ?)
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 22:16

BLOG DE CRISE




Vous êtes bien ici face à une crise de blog, profonde. Après avoir démonté au cours de ces quatre mois écoulés, billet après billet, l'illusoire de la représentation, ce processus cérébral facultatif et élaboré qui nous éloigne du Réel, après avoir vanté la recherche de l'humeur, du rasa, de la sensation poétique pure qui nous connecte au monde, l'auteur de ce blog se retourne en doigt de gant... et s'effondre: cette humeur retrouvée, ce bain océanique ne puisent-ils pas en pleine animalité, et uniquement en pleine espèce, ouvrant la voie à la désubjectivation que nous mettions sur le compte d'un système politico-économique ? Sommes-nous les lambda de l'espèce ou les esclaves du système ? Et c'est encore lui qui a déclenché ça:



1. Y-a-t-il une autonomie du lecteur ?



L'histoire des marches de l'homme a travers ses propres textes

 demeure en grande partie inconnue.

M. de Certeau
Lire, un braconnage
in L'invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1990


L'autonomie du lecteur dépend-elle d'une transformation des rapports sociaux qui surdéterminent sa relation au texte (révolte) ou bien existe-t-il déjà, quoique réprimée, une autre expérience que celle de la passivité (révélation) qui donne le voyage à tout lecteur, nomade braconnant parmi les champs d'autrui, antidote à l'atrophie de la mémoire qui se produit quand il y a autonomisation de lieux propres ?
Il nous faut créer plus qu'une carte mais moins qu'un itinéraire tout tracé: une façon de cheminer. Nous avons la même mémoire-savoir; mais chacun de nous a sa façon propre de créer des occasions, des connexions.


D'où nait donc la muraille de Chine qui circonscrit un "propre" du texte ? Cette muraille érigée par des lettrés face aux nomades encore  sans livres ? La consommation artistique de masse de l'espèce citadine et transhumante en formation, vorace parmi les pâturages des médias, reviendrait-elle au nomadisme d'antan, mais en des steppes artificielles ? Le consommateur est-il dupe, ou rusé ? Est-il auto-nomade, ou parqué en réserve ? Y-a-t-il réellement une transgressivité du lecteur ou du spectateur à l'"insu" des maîtres, ou sommes nous connectés par la performance et l'esthésie du rasa à notre viscéralité de nomades, survie, autre stéréotype, animalité  ?



Thérèse d'Avila tenait la lecture pour une prière,
 la découverte dun autre espace où articuler le désir.
Mille autres auteurs spirituels pensent de même,
et l'enfant le sait déjà.


M. de Certeau



"L'enfant le sait déjà", si l'entre-deux reste admis dans les hauts-murs familiaux, si soleil et ombre co-existent dans le jardin, si l'on repasse une fois l'an à l'étape d'habitude comme au bivouac de peur.


La poésie n'est qu'entre-deux quand grand est l'écart, et le retour au lieu alors vain, difficile ou étranger; la dépression n'est qu'entre-deux qui ne fait plus fonctionner aucun lieu.





2. Angoisse de dilution


Retrouver les noeuds, les connexions instantanées au monde, permet-il de dégager une trajectoire ? Ou finalement cette analyse de la diachronie du sujet n'est-elle que voyage accéléré vers la mort, précipitation vers l'ouverture à tous les flux ? Je croyais pouvoir me dispenser du sujet, du bien et du mal, mais soudain j'ai peur de la dispersion...


Ceci est un blog de détresse: j'ai toujours peur de la mort
(mais y-aura-t-il enfin, donc, un jour ?! un item "mort" dans le DSM absolu à venir ?? Et quel Prozac-Soma-Amour ??)



Retrouver les coups de rasa successifs, répertorier nos instantanéités au monde, tous nos darshans, tous nos "hypertilts" au-delà de la compréhension-représentation, tous les soulévements de voile: ne conduirait que plus vite au chaos originaire ?

Sauf que... non, bien sûr: toutes ces rencontres ne se font pas dans le même plan, elles nous font naviguer de bas en haut et de droite à gauche dans ce réseau de braconnier, ce chemin d'errance dans la ville (de Certeau); ces connexions au réel ne sont pas neutres: chaque noeud est bien stéréotype, animal, humoral, mais leur itinéraire, leur juxtaposition est progression dans le connaissance-conscience, est lien entre ces niveaux variés de conscience expérimentés: il nous faut vivre (sinon nous approprier) autant d'expériences connectives que possible...


Avoir peur de la mort était d'une normalité affligeante; maintenant... à demain, si on ne m'a pas mis en garde à vue au quartier des grands déli-linquants-lirants

Ecrire la bouillie verbale permet au moins, enfin, de poser la problème:
l'angoisse n'est pas crainte d'une animalité par rapport à une humanité, mais crainte d'une perte d'individualité par rapport à une communauté de conscience

(eh! les gars ! et les meufs surtout ! je viens de vous expliquer "The fear of breakdown" de Winnicott !)


Mais... et si la mort en dilution répondait au principe conjonctif ? Alors aucun Tout ne serait indépendant d'aucun maillon... (Consolante intermédiaire entre sujet et noosphère)...


et aussi: il doit y avoir quelque nulle-part un pôle topologique entre représentation et perception pure...

... et ne pourrait-on pas dire l'intelligence, soeur de la représentation,  en troisième humeur ?


(... et lire Contrepoint d'Aldous Huxley: littérature, art et philosophie sont-ils comédie de l'intellect ? La racine de l'homme est-elle au coeur de ses tripes ? Cette racine que l'on recherche si intensément, jusqu'au jour où elle fait peur...)


... en attendant, on me vire de mon garde-meubles, et l'intellect est fermé par crainte de dégradations...



3. Retour en Inde: Jouissance, voie de la délivrance


La jouissance (BHOGA) est la réalisation1 de la forme propre des choses sensibles désirables ou indésirables, obtenue par confusion (entre l'Etre et les choses du monde d'ici-bas). La délivrance est la réalisation de la forme propre du jouisseur.

(Vyâsa, Yogabhâsya ad YS II, 18, trad. F. Zimmermann)


(la jouissance est voie vers l'Être; l'action du corps vivant est outil de la jouissance)



une subversion presque complète de l'ordre essentiel entre les moyens et la fin, un «passage de l'esprit au service de la vie» au terme duquel n'est plus laissée à celui-ci comme dernière marque de sa royauté qu'une jouissance (bhoga) égoïste et inférieure, d'ailleurs amplement compensée de toujours renaissantes douleurs (O. Lacombe, L'Absolu selon le Vedânta, 1937): la jouissance en expansion au chaos entropique désubjectivant; la douleur en nouage du sujet à une limite...



1. "réalisation" est avadhârana: "dhāraṇa" signifie qui tient, qui porte, qui garde, qui protège . Dan le Yoga, c'est l'étape de la concentration de l'esprit avec arrêt du souffle, ou fixation de la pensée en un seul point; le préfixe "ava" signifie vers le bas: "qui tient les choses d'ici-bas", les lie à l'Etre ? Etre connecté garantit-il l'individualité ou l'océanité ? Quel lien à la sadhana, qui est aussi réalisation ?
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 22:17

Partant chez Elle, j'ai marché exactement jusqu'à la porte
la porte du train qui part de la mer pour la colline

  Qui part  enfin pour lire, et lire, trop soudé que j'étais à ce site-écrire-mourir
 - David Monchu va se ranger un peu. Un peu.
C'est moi et personne d'autre qui ai ouvert cette porte -
Et pas mal se sont engouffrés dans le voyage



Empressement-bousculade inquiétant plus qu'opuscule
et les métropolisés
qui me marchent sur le refoulé
  Chien sans muselière et quai souterrain: y-a-t-il danger, y-a-t-il égaré ?
Autant de veilles de Noël: train de paillettes-cadeaux, couples d'essais-extravagance
  Tunnel sous la norme

  Mais la colline s'offre, et son en-bas encore
austère de trop ville, et son en-haut en marge ésotérique de pierre à dire, et entre, ses personnages à l'envers, le dos cassé, les pupilles néoténiques, le passage discret.
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  • : septième vague
  • : promenade créative d'un mot l'autre, d'un auteur l'autre, d'une sensation l'autre, en route vers le Réel
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