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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 20:28
Durban / Varanasi

Soweto
 

Sera-t-il vraiment neutre, ce voyage à la verticale ? Immobile encore dans le temps du RER, passer la ligne, voyage en miroir: demain c'est l'hiver ou presque, et Coriolis déjà tourne à l'envers. Dans cette peur d'être sans suite, de ne pas être marqué au désir des suivants, comme si mon enveloppe devait à jamais rester au piège muet d'une face l'autre; mais, je le sais, des gouttes d'amour déjà scellent les complices, et parleront de nous encore, à leur manière: aucune assurance de retour ne nous fera libres, et déjà les lumières des pistes. Ici, personne n'est plus blanc, personne n'est plus noir, personne n'est plus fier, toute lutte a cessé, enflent de nouvelles chaînes; la poussière des mines est jaune au miroir de l'occident.

 

(suite)

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 09:57
dieu est dans la moelle

Je désespérais de vous retrouver, je vous adore, je jouerai bientôt de la guitare, avec vous, nous jouerons ce je ne sais quoi de très fort qui m'attire vers vous, ce choc de vous... je viens de découvrir votre image puis votre voix, c'est bien comme ça que je vous aime, étrange et envoûtante, intello, mais l'intello que je suis fond à l'évocation du direct avec vous sous un arbre, vous la fée prête à partager un peu de son monde... Nous rêvons peut-être, mais je vous enlèverai , de toutes les façons. De quelle langue à quelle langue traduisez-vous donc pour nous transporter, nous traverser, déplacer les brumes jusqu'à nous ? Un jour dans une cabane ou sous la neige, blottis dans et contre nous, Princesse, nous nous rejoindrons corps et âmes. Du présent encore je n'ai plus envie d'être sage, je vous cherche dans les vagues du matin en courant sur le rivage, je me noie de beauté, et vous vous faites le ménage, vite fait, de vos prétendants que je noie. Dans l'instant toujours je vous envoie un trop chaud rose de câlin de soleil interminable sur la mer d'un bleu lisse à voler jusqu'à vous, un rayon vert tout aussi rose, et un gros caca de mouette. Là j'ai tout donné. Je suis tout dans l'émoi de l'homme qu'elle ne connaît pas encore.

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 14:38
le camp de base et l'autre face

Re-search. What is search ? Être en cherche est être en poursuite. Recherche: xénophilie, dandysme, cambrure. Le couple: s'inventer l'un l'autre une position, se stabiliser dans notre déliaison. Le bonheur du rire. Différentes missions. Tu tentes encore d'investir une ville ? Ce qui te tient n'est que d'errance ! Il s'agit de tout transformer en camp de base: que l'on quittera pourtant, pour l'autre face, puis encore. Corps clignotants, seule surface désirable ? Es spukt, ça spectre (Max Stirner). Ineffable orgie empathique (Baudelaire). La terre qui penche, et Ça qui boussole. Orient. Opium, qui ne déréglait pas les sens, les rendait objectifs, faisait disparaître le sujet, nous projetait dans le grand calme de l'universel (M. Enard). L'anomalie était dans les zones profondes, on revenait, bien, en surface. Nostalgiques de l'Empire, aussi, quand le soleil... Recoudre. En refuser les fruits, pourtant.

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 10:29
Meillassoux et le matérialisme spéculatif: la pensée sans corps-mort ?

Deleuze fait progresser la pensée de plan en plan, de corps en corps; mais chaque tentative est condamnée, suivant Quentin Meillassoux, à rester corrélationnelle; en d'autres termes, puisqu'il n'existe aucun système complet, toute tentative de pensée nous fait basculer dans un nouveau système, lui-même incomplet. Matérialisme spéculatif: on est bien après la finitude, puisque l'exploratoire d'un absolu reste possible; on est bien dans un matérialisme, explorant corps après corps. Mais l'impasse de la corrélation à nous donner l'absolu est celle de la logique.

 

 

Faut-il admettre cette pensée libre, sans propriétaire (Plotin, Bion), faut-il abandonner la marque de la réflexivité au corps, et aux cognitivistes, pour une pensée en elle même ? Une pensée sans corps-mort, une possibilité de penser la capacité à ne pas être, et qui élude les ontologies, les corrélations, les "dilatations progressives du sentiment" bergsonniennes ? Cet "hyperchaos" d'une pensée absolue pourrait relever d'une sorte de temps inconcevable pour la physique, car pouvant prendre plusieurs dimensions (et dont le "temps présent" ne serait que la forme contractée). L'objet n'est "externe" que dans la contraction particulière du temps qui "fait" présent; l'objet passé est internalisé par la représentation de sa perception; l'objet futur, représentation encore pure de perception, pourrait être contigu, dans son expansion, à l'absolu de la pensée. Deleuze et Bergson voulaient isoler la perception de toute modification par la représentation, donc la pensée, Meillassoux tente de nous donner une pensée émancipée de toute perception, de tout "organe interne".

 

Deleuze pose une circulation incestueuse au travers de corps logiques, de proche en proche; il n'y a pas de corps posé chez Meillassoux, mais des conjonctions que nous circulons sans rupture de continuité (principe de non-contradiction).  Un objet sans plus de forme: l'hyperchaos. Matière sans les replis du temps, et dont le corollaire est: "je peux être mort" (QM). Un moment double dans lequel la pensée est asymptote à la désindividuation, tandis que l'individu est à chaque effraction sauvé de la mort par l'incomplétude, se restructurant de corps en corps, selon Gödel ou Deleuze ("je suis déjà un peu mort") ? Le matérialisme spéculatif: tente de montrer que seule une pensée spéculative peut surmonter le sensible, le secondaire, pour aborder la matière elle-même. Traverser les voiles de la Maya, ce réseau de limites (O. Lacombe), auraient dit Bergson et Deleuze...

 

 

lien vers Soustraction et Contraction. A propos d'une remarque de Deleuze sur  Matière et Mémoire  de Bergson, par Quentin Meillassoux, 2007

 

lien vers  Deleuze et les mathématiques | Implications philosophiques, par Anna Longo

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 14:58
Mathieu Riboulet, Entre les deux il n'y a rien

« La médecine occidentale continue de ranger d’un côté les organes, de l’autre la pensée. Mais le corps a disparu » (Bruno Falissard). Aussi l'ancrage des chairs internes et externes. C'était l'enfance: comme si ces tissus ignoraient le mal, la douleur et la violence pour développer d'eux-mêmes une vie supérieure... Sexe, haine et plaisir fondus, mais sans aucun uniforme, le désir de s’élever au-dessus des choses et de traverser les mers, mais  "dès la fin de la seconde guerre mondiale, le continent à bout de souffle où nous vivons encore" (M. Riboulet, Entre les deux il n'y a rien, 2015)...

 

 

Ceux qui survivent aux pires crimes sont condamnés à les réparer
Saint-Just (1767-1794)

 

 

Cette violence qui fascine de sa "dernière fois" béate et cosmique. Eau de forte. Diagonale continue du sexe et des luttes. "Entre les deux", entre sexe et politique, entre stalinisme et nazisme, entre paix et violence, entre esthétisme et génération, entre le problème et la solution -on fait partie du problème ou de la solution- entre les deux il n'y a rien, sur le moment on le ressent bien, après c'est une question de degré d'étouffement. Guerre, résistance, terrorisme, délinquance. Des Renards pâles qui seraient tous pédés; on n'entend pas les autres chanter.

 

 

On hérite des infamies du siècle. Ca sort de la fumée des crématoires, des diverses résistances nationales, bien sûr des collaborations. Tous industrialisés, tous compétiteurs. Circulent non pas dans l'idéologie, mais dans leur flux discret de l'"économie libre". A croire que le plaisir ne pourrait plus venir que d'une autre planète... que ça ne sert plus à rien d'écrire dans les marges... Pour l'heure 1967-1978, ces failles de violence qui tentent, qui seront étouffées par la "paix" du consumérisme. L'enfant, alors: fascination pour les ruines de guerre en temps de paix. En août 72 aussi, j'étais à Munich, en septembre on a dû nous éviter les informations, chut, chut, chut... Merde ! On peut être étouffé sans trop en souffrir sur le coup. Normalement, étudiants de 1ère ou 2ème année, on est rebelle, il faut un peu d'obscénité pour être vivants, pour de la vraie politique; les lieux où quelque chose manque sont des lieux où l'on sombre. Auschwitz est au rebord de la perte.

 


Alors le SIDA débarque, les débarque de la jouissance. Si on ne peut plus déposer la souffrance, ou donc iront ces forces ? Potes-culs, une litanie de revenants à la Volodine, tout s'érigera sexe, un instant, un jour, danses macabres avant même que de n'être né, bardo, le HIV en arme, sacré télescopage, les yeux de son Martin parlent encore croit-il, le télescopage des violences ne fait qu'augmenter la nature de l'événement: l'absence de sens. Entre les deux... est bien un livre du manque, Auschwitz est l'absence de sexe, la raison n'est d'aucun secours, lieux inconscient, la chute du mur ne règle rien. On aurait dû, au minimum, tout repenser, ensemble avec les morts (...) Refermé sur nos os en mai 45. A quel endroit au juste les choses se sont-elles rétrécies ici ? Tension exacte du corps à ces instants de crise: quand était-ce ? Une vérité: l'assassinat des fils par les pères. Act-Up reprend la violence, légale. On croit se lasser de ses ébats, de cette charge virale, qui, pourtant, incarne.

Mathieu Riboulet, Entre les deux il n'y a rien
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 12:08
entre deux pluies d'amnios

Il ne faut pas trop rire de l'humour. Il nous ramène, on veut quitter. Et se perdre encore au bazar bizarre, entre deux pluies d'amnios, dans cette guerre de notre civil, avec notre Daemon de passage, et les démons de chaque impasse. Quand nous sommes à notre corps muet des soldats d'attente, dans une maison des remparts, en fuite, en péril, dans la création de chaque effondrement d'empire. Failles de l'habitable où rôdent et nous rodent des animaux esseulés, raisonneurs, et aussi quelque beauté brune, notre excentrique centrale,  qui retient nos larmes.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 15:56
cette réception et ce départ sont ma maison

Attente des nouveaux Huns. Affut de la moindre légende. Désabusé et acariâtre ? En mal de cannibalisme, l'écrivain déçu, et libre ? Satisfaction du voyage plein où l'on sait que l'on n'a pas tout vu. Main de l'aube des joueurs, dernier métro de la chance, toujours. Une grande place ronde, encore dans la nuit, à la flamme rosâtre d'une lampe à acétylène, les marchands à la criée, en couronne, reçoivent leur ration, les premières éditions des journaux. J'aime ce départ-là de l'aube. Cette réception et ce départ sont ma maison. Vers un ordre quasi-idéal, dans un dossier qui ne peut être clos, gardant sa cicatrice plus ou moins vive. Voyager pour le plaisir !!! Aussi incongru que ne le serait vivre pour le plaisir, ou même seulement le prétendre ! Mais une singularité qui fait vérité, qui ouvre une nouvelle sente, au sein d'une foule, d'une rue, d'un temple, et où la conscience chemine comme à rebours dans un nouveau territoire, fourmillement des souvenirs à venir. Intolérable patrie enfin ressentie. Fleuve. N'y frayent pas: les anciens des combats et des compagnies, avec les gardiens du souffle. Je m'aventure, je continue, fantomatique, entre les lignes, dans les odeurs d'un no man's land, lancinant attrait, quelque chose tient ici.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 15:35
Orléans-Bourges-Montluçon-Vierzon-Chartres

Signal GPS perdu en Baie de Somme. A Orléans, le Lutétia cendre encore au 2 rue Jeanne d'Arc; et les deux couronnes de la cathédrale, pourquoi deux ? Le bas-flanc du religieux se pose bien sur le rempart du réduit fortifié du Bas-Empire, assiégé de doutes; repasse le SDF-tirailleur et son sac, et son bois. Je roule depuis vingt ans, aucune arme sous le portail de Jeanne, qui sonne faible et n'attire que hors d'Europe. Bourges, rac durassien en terre, pour mécréants de l'horizontale, puis Malraux, en exposition universelle et coloniale bien sûr, barattage de briques rouge, ignoré. L'arc-boutant protège des fissures de la nuit, élévation. Montluçon est toujours douloureuse et inaugurale, de guerre, de travail forcé évité: Centre-France. Puy-de-Dôme, tout change, la couleur, les verts, et la bouffe ! Vierzon : vivisection d'une ville en phase terminale. On n'y pose pas son barda. Rien n'éclaire. On y oublie l'air libre. Hiroshima (on n'est pas si loin de Nevers) ! Morte-en-ville ! Seuls quelques rastas autour du Centre Social, le reste, cartons, s'effondre. Gigantesque gare d'herbes même pas folles, d'herbes en hier. Chartres ! Méritait l'ultime, lente, grise à décoder, à pieds. L'essentiel de loin, cuivre à 360°, le whisky y goûte, gagne, fort, enfin un sourire, ma râlerie s'y décocte, jolie frisottante, gratuite, qui désengorge la cathédrale des derniers cathos rescapés, lepénisants. Nous sommes Rue des Changes. Sous le feu, elle s'en va, luttant, lumières qui grimpent les vitraux, applaudissements.

 

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 11:00
l'identité, ou quand on croyait la terre plate...

On est mieux au pied du Grand Escalier de la gare qu'à la plage, trop chaude, trop sèche, trop seule. Ici on est pris au pas long de toutes les histoires qui passent, et on snobe les identités. Quand on croyait la terre plate, il était impossible au voyageur de revenir à son point de départ, alors on s'engluait au varech rejeté de l'écume du monde; aujourd'hui tout tourne, tous avancent, nous emmènent, volontaires; et Coriolis n'est que la pointe de l'écheveau unique des trajets. On peut aujourd'hui partir sur un bateau sans voiles, se cachant au mal, et par toutes les courbures qui ne sont plus pieux de cyclopes uniques. Goa, Digne, Belém, on peut croiser les destinées en se laissant dériver dans un café au lait enfin très sucré. Petit matin des missions.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 19:33
La frontière est la peur formelle, le voyage la libre inquiétude

La frontière est la peur formelle, le voyage la libre inquiétude. Le touriste ne domine rien, mais connaît. Et quelques moments ressentis au plus intense, comme se retrouver trop vite au confluent de deux fleuves et happé par le bateau que l'on n'attendait que peu, les chaussures boueuses et le sac empli de gaufrettes au cacao, hissé dans le flanc du slow-boat alors que sous son chapeau on était encore seul, c'est-à-dire empli des reflets du fleuve, de l'histoire de ce monde jaune, de la plainte du petit garçon mené par son héros populaire de père, du sourire tranquille et joyeux de l'au-revoir un peu déçu de la jeune fille, et que l'on se retrouve subitement foule, c'est-à-dire seul. Je ne pouvais plus m'enfuir, ni, avec le bateau, naviguer; plus ample que toute navigation, la sculpture au monde, elle, est indolore, même quand elle nous chute et perd : elle allège. Elle nous avance vers.

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