le grand bleu du ciel

Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 15:53

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Parasitisme

  un seul tire un bénéfice, et d'ailleurs on n'a pas demandé l'avis du second, cet imprudent.


 

Commensalisme

  peu importe ce couple où un autre, s'il le faut il y a aura changement, il y a bénéfice secondaire, bien sûr, mais s'il faut aller ailleurs il n'y a pas péril en la demeure.



Symbiose

là, tout se tient : donnant-donnant, mais plus encore : recevoir d'un autre que de mon symbionte ne permettrait pas un tel épanouissement, nous grandirons ensemble, nous grandirons l'un par l'autre, et pourtant nous restons bien individus.

 


Fusion

  les organes s'échangent, dans un milieu semi-liquide semi-solide où des pièces de nous et de l'autre flottent, mais dans la nouvelle membrane, un seul individu existe, lequel de nous deux y est-il ? j'y suis, et tu n'y es pas, finalement, et aucun troisième ne peut plus être reconnu.

 


Saprophytisme

  je ne te fais aucun mal, tes déchets m'aident juste à vivre.

 

 

 

 

Où est la place de l'amour ? Dans le parasitisme peut-être, dans l'unique du parasitisme sans doute, l'amour seulement est là, il s'agit bien d'être plein d'attention pour son hôte, car il est trop tard de toute façon, et on ne pourrait survivre à sa mort, et notre souffle et le sien se confondent dans deux survies qui en deviennent unique.

 

Du plaisir ?

Par panopteric - Publié dans : le grand bleu du ciel - Communauté : Le coin des sociologues
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 18:32

L'exigence de la commune, c'est de libérer pour tous le plus de temps possible

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Tome I: La prise de la parole
Tome II: L'insurrection qui vient
(Comité invisible)



ou « la maitri en combat politique", et une justification de l'anarchie:

on ne peut gouverner par le profit un lien naturel entre les êtres...

 
...une nouvelle métaphysique d'une révolution des consciences; en autant de cercles nouveaux,  et plus seulement de révolutions, comme si le Comité invisible avait aussi lu Sloterdijk...


La fabrique éditions 2007

 

 

 

C'est bien sûr l'insurrection qui vient, tous les accusés se lèvent, l'argent ne circule plus qu'au juste de la valeur de la terre, les fuyards du profit se rangent en leurs limites d'hier, nous vivons, tous jettent nos armes, dans cette paix solide et fluide en même temps, où la confiture de compétition ne prend plus. De gauche à droite c'est le même néant qui prend des poses de cadors ou des airs de vierge. Des foyers ont pris partout, des rues entières, des hommes ont brûlé, et toutes ces braises se rassemblent dans une Europe qui ne survit plus que par un low-coast d'élite. Une décision venant des marges et de tous les refoulés et de tous les regards de peine est proche; il ne s'agit plus comme au dix-septième siècle d'une chasse aux déviants-dits-sorcières; nous sommes, nous les « sans » des zones aptes à la mutation, à leurs basques flasques aujourd'hui; nous sommes le regard du Basilic dans leur arène figée. Nous sommes partout là où ils nous ont repoussé, jusqu'à provoquer la mort de leur sphère; c'est notre victoire sur leur détestable projet de tri des individus, et c'est dans le sang des insurgés que naissent les formes littéraires nouvelles.

 

 

 

Notre personnalisation n'était plus qu'amputation à l'ultra-monde du vingtième siècle de sang et de prothèses du Moi, le handicap en modèle de la citoyenneté, nous pleurions notre revenu d'existence; vient l'heure non plus de l'identité, mais de l'existence, celle du lien. Vient l'heure de la relation et non plus celle des événements; la liberté illusoire de s'arracher était notre fantôme de liberté, l'identité une campagne de guerre dirigée contre ce qu'il y a entre les êtres, contre tout ce qui circule, ce qui les lie, mais le monde n'est pas ce parc d'attraction du lien admiré en cage, ce lieu de transit simple des egos automobilisés et des anxiolytiques. On cherchait à nous imprimer; le polyhandicap du citoyen normé était dans la perte du mouvement autonome comme de la parole, nation de muets voyagés. Nous ne sommes pas aujourd'hui déprimés, nous sommes en grève de ce Moi là, nous sentons enfin ce point de départ qu'on voulait nous masquer, nous abordons le passage et la décision. Nous sommes en grève sans plus vouloir troquer l'horizon de la révolution pour celui du retour à une normale construite par le profit, au cours de la civilisation néolithique qui  meurt enfin aujourd'hui.

 

 


Un préfet prend un arrêté contre ceux qui se construisent des cabanes dans les arbres, vient l'éclat de rire déflagrant; car la vie encore persiste dans les quartiers de relégation, d'économie informelle, non détachée, ces ghettos de tous les étrangers comme moi. Mais c'est la norme de l'autre côté de l'autopont, avec ces doses de tristesse que condensent d'année en année les fêtes de famille, où tout le monde fait comme si de rien n'était devant le cadavre posé là, dans ce repli infantile au sein de ce monde du patron et du loyer, monde qui s'écroule, et où on voulait nous faire renoncer à devenir majeur. La décomposition de toutes ces formes sociales est une aubaine à l'expérimentation qui vient.

 

 


Exploitation et participation au coeur noué de la notion de travail, et nous sommes bien aujourd'hui au delà du libéralisme comme du marxisme, ceux-là toujours qui s'agitent en vain, il nous faut revivre à cette participation et ne plus opposer temps du service commun et temps du loisir. Mais pour lors nous sommes encore mutilables, et se poursuit l'explosion esclavagiste des « services à la personne », exploitation du corps à la norme, plutôt que politique solidaire du  Care... Et s'accumule la ruine sous l'ordre du travail, cette machine à mobiliser toute l'énergie physique et psychique, et à laisser choir tous ceux qui lui résistent. Désertons collectivement le régime de la mobilisation: des individus, et des continents entiers vomissent le FMI; l'Occident, aujourd'hui, c'est un GI qui fonce ou un touriste qui serre sa carte bleue, une jeune fille qui cherche des soins hydratants, un tiers-mondiste solidaire de toutes les révoltes défaites, un christianisme sacrifié survivant en structure affective, compassionnelle et impuissante; l'Occident c'est un contenu à l'agonie mais une forme qui se survit; nous avons un cadavre sur le dos, mais il n'y a rien à attendre de la fin de la civilisation, sa mort clinique ne peut intéresser que les historiens, seule notre décision nous délestera de ce cadavre et en fera une politique.

 

 

 

Tant qu'il y aura l'homme et l'environnement, il y aura la police entre eux; ne plus habiter la nature nous rend vulnérable au moindre cahot du système, au moindre aléas climatique. Il ne s'agit plus maintenant d'épidémiologie, mais de comprendre l'instant qui nous ouvre, et d'y inscrire notre action, de nous y organiser, hors de tous ces états en miniature qu'on nous propose, dernières impostures associatives. Il n'y a plus à attendre la catastrophe qui est déjà là, nous sommes dans le mouvement d'effondrement, le temps ne doit pas s'imposer à nous, une tendance future ne doit pas nous déterminer; mais il nous faut nous attacher à ce que l'on éprouve comme vrai, partir de là. Se constituer en communes – « coopératives » serait vieillissant, et d'ailleurs nous sommes plus anarchistes que coopératifs – communes qui ne se définiront plus par un dedans et un dehors, mais par la densité des liens en leur sein, par l'esprit qui les anime plus que par les personnes qui les composent: comme une civilisation adolescente, refusant tout héritage, brisant la généalogie, prenant le risque de tisser de nouveaux liens horizontaux, au delà de toute matrice reproductible. Compostons la génération, dont le seul avenir est d'être la précédente, nostalgie ou conflit. L'exigence de la commune, c'est de libérer pour tous le plus de temps possible: non pas un temps mort, peur du vide comblée par le temps du travail exploitant, il ne s'agit plus de remplir un temps mais de libérer de l'énergie, des lignes d'énergie que nous pouvons suivre à loisir. Pour expérimenter et se battre, pour retrouver les intuitions perdues.

 

 

 

L'extension des communes ne doit pas dépasser une certaine taille au delà de quoi elle perd contact avec elle-même, au delà de quoi l'intensité du lien cède à l'illusion de la compétition et son cortège de profiteurs. Abattre d'abord les métropoles, les états, tous ces espaces obligés de haine, par l'interruption de leurs flux et de leurs programmes, marchandises, normativité, contrôle policier, libérant ainsi les potentialités indispensables d'auto-organisation aujourd'hui soigneusement masquées. Saboter toute instance de représentation. Tout bloquer de l'ordre présent; il n'y a pas à poser une forme idéale à l'action, l'essentiel est que l'action prenne une forme et ne la subisse pas. Et d'abord, ne plus laisser à deux pour cent de la population le soin de produire l'alimentation de tous les autres: se rendre auto-suffisants, déposer les autorités localement, sans pathos, sans acharnement, avec une désinvolture et une dérision  scrupuleuses, il est bien inutile de prendre Paris. Tout le pouvoir aux communes ! Organisons-nous, retrouvons-nous.

Par panopteric - Publié dans : le grand bleu du ciel - Communauté : Révolution ? Révélation !
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 21:56

Elle: est mon dernier baiser

Tellement plein d'un corps un

Qu'il s'ignore


Elle: me renvoie aux jambes cassées

D'une chair qui de l'interne se déprend

Et m'envoie en Noël

Mais y trouve archive, échafaud, contrefort

 

 

Entre: le possible du couple

Tantôt deux, tantôt arbre, seule symphonie

Elle: du possible

 

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Cette femme, de chair,

privée de neige,

donc noire, muette,

le long de laquelle

se tiendront les livres à venir

 


Roger Giroux / Jean Daive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photo maxdru

Par panopteric - Publié dans : le grand bleu du ciel - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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