Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 17:08

Hier la nuit au niveau même,  vaporeuse, les pèlerins affluaient s'ils le pouvaient encore, sur l'autre rive les temples perçaient les tensions policières, il pleuvait, P1040016.jpgtrès peu, langueur, moiteur, fatigue, tentative de calme. Mais tous les transports ont des  arrêts de courte durée, destructeurs parfois. Ici encore l'on gagne le flux. Le retour presque brutal de l'horizon lève comme un doute, et les bateaux déjà voguent couleur, cercle en tête, sillage minimal, larges orbes du retour dictés par le fleuve, déjà. Une épopée, tout ce qui brûle, une délivrance : au hasard, l'acte prisonnier, au hasard, la traversée, au hasard, l'extase, ce regard lié à la terre, et plus large que le soleil, ces impressions qui sont présence, et non images. Immobilité à nouveau dans le courant, face aux ghats qui y cyclent, la vie y est prise par le milieu, temples vieux et tonnelles, dans la rue noire et basse, interdite d'ici, dans cet entre-deux des still-born, une noria orange porte le fleuve, il faudra se passer ici des gestes plus doux que l'odeur. Nous ne nous écartons plus comme l'instant d'avant des corps et des bois qui passent, maintenant nous montons au centre, là où les yeux pleurent le moins, même si quelques éclats chargés, cuisant encore, gagnent parfois cette colonne de quasi-unique, et nous atteignent, germes d'or et de safran.

 

 

(demain il faudra gagner la source en descendant le fleuve)

Par panopteric - Publié dans : poussières d'os - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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