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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 19:36

7 janvier 2011

 

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Attente d'un plat du jour, là où lire le monde redevient seul possible. A dix-sept ans je devins un jeune vieux, maintenant je suis un vieux jeune: seul, épuisé des autres, et demandeur de moi, ce grand autre que je me cache, ridicule, et qui n'est pas à la carte. Un inutile du pur être qui polymérise, mysticisme dépressif, bel oxymore de cette joie du chemin-cailloux qui justifie les blancs, chez les autres, mais n'excuse pas les miens: l'amour, c'est ce qui sépare... merci, alors,  aux instigatrices de mon absence. Tous les concerts ont toujours été prévus, tu ne pourras jamais dire: "je l'ai su trop tard" (variante: le train est arrivé à l'heure et en plein soleil et c'est donc grâce à toi que je bronze mon monde-steack). Passe l'homme-Dominique à la guitare claire des toujours premières fois.

 

 


 

Jamais de rendez-vous galant sans mes références. L'oeuvre littéraire du XXè siècle est une ellipse2, dont les foyers extêmement écartés sont déterminés, l'un par l'expérience mystique, qui survit entre la tradition, l'autre par la grande ville, la guerre et les camps1. Seule la mystique nous permet de penser la technique et la guerre, elle seule fournit l'outillage adapté aux désastres, et l'espoir d'arriver un jour, au-delà des charmes, dans les promesses du futur de la physique. Il ne s'agit évidemment pas de croyance en une modernité conquérante encore d'inutile, ni de compensation hors de toute aura émotive d'une dégénerescence  affirmée de l'esprit, mais bien d'une inflexion de la pensée, qui nécessitera d'abord d'oser cette étude de la morale dans les camps de concentration. Peut-être, pour l'heure, mon amour, est-il bon encore d'être séparé par un petit océan, et de se tomber dans les bras spirituellement; attention, personne n'est en mesure encore de prévoir les effets de la pensée, car personne n'a le don de mémoire totale; le souvenir vient quand on prend de l'épaisseur, de la contenance, aucune narration n'est arborécente, il n'y a arborescence que des émotions porteuses. Puis viendra la reconstitution linguistique: la poésie, celle des morts, donc, ces états antérieurs du moi, et aucun déminage n'est possible.

 

 


 

Nous sommes boiteux et borgnes, objectivement mysogines.

Les femmes, les filles ne sont pas là, elles sont l'autre qu'il faut conquérir.

François Bégaudeau3

   

 

 

 

 

 

 

1. W. Benjamin et G. Scholem, Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940, l'Eclat, 2011

2. La folie en est une autre, de mêmes foyers, peut-être plus rapprochés, et dont l'orbite navigue entre la constellation du passage et celle du trauma. Quel est donc le foyer le plus intense, le plus devenir, de cette double ellipse ? Soleil noir, le troisième de l'ellipse ?

3. F. Bégaudeau, La Blessure, la vraie, Verticales, 2011

 


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