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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 23:00


Notes de chevet d'un sujet encore à même le sol:
 Systèmes et Modèles, une introduction à la théorie des indicateurs

F. Chevallier et C. Lefèvre

Editions du CNRS, 1984

 

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Bien que  chantant avec certains l'aurore d'une méthode scientifique régénérée, nous restons cartésiens dans l'approche systémique; s'il est bien évident depuis l'émergence des travaux de Prigogine que l'émergence de l'"ordre biologique" est l'expression morphologique et fonctionnelle de systèmes non linéaires, une version large "représentative" donc intuitive d'un ensemble ne peut être fructueuse que si les bases élémentaires sont assimilées. L'intuition d'un diagnostic s'appuie sur une vaste et profonde culture de la pathologie; cette règle est applicable à toute discipline.
François Chevallier
(1985/2012, avec mes excuses)


 

 

Nous ne devrions pas entraver la théorie en la forçant à opérer au sein d'un espace-temps préexistant. Au contraire, tout comme nous devons laisser l'artiste travailler sur une toile vierge, nous devons permettre à la théorie de créer sa propre scène. Elle décrira alors un univers destiné à évoluer, conduisant aussi aux notions conventionnelles, qui ne sont pas cependant des éléments de définition essentiels, mais plutôt des notions commodes, issues d'un état originel plus basique, atavique.
Brian Greene
L'Univers élégant
Gallimard, 2000

 

 

Théorie des systèmes: un compartiment est la partie indécomposable d'un système (l'organe est compartiment, et le corps fait partie d'un système plus vaste). Les systèmes évoluent; leurs  fluctuations s'analysent de façon déterministe ou dans des modèles stochastiques, probabilistes. Les paramètres d'un système définissent sa dynamique, sa structure; les variables son état. L'état d'un système est le point d'un espace à n dimensions, défini par l'ensemble des valeurs de ses attributs (mécaniques, thermiques, chimiques, etc...) en un temps donné, la théorie du système décrit la trajectoire de ce point, d'un état l'autre. Modèle à une seule dimension de temps, dont il faudra bien s'affranchir dans l'étude du sujet pour un modèle diachronique; l'actuelle théorie des cordes propose un univers à onze dimensions mais dont une seule temporelle, et d'autres dimensions de temps s'imposeront à la physique...


 

 

On s'intéresse au contenu des systèmes ouverts. On parle de systèmes de transfert si la chose du système est unique (le corps sans organe), de système de transformation si une chose-mère a des produits successifs, le système est alors bi-compartimental au minimum. Les entrées ou sorties d'un système dynamique quelconque sont toujours régies par transfert. Le renouvellement du système est le rapport des sorties au contenu, l'occupation d'un système le rapport des entrées au contenu. Un système libre n'a aucune référence physique; la pronoïa est la pensée d'un univers sans organes (après la mort le sujet est un système libre). Un système contraint n'existe que grâce à un support, interne (contenance) ou externe (contenant). L'os est devenu notre contenant interne.


 

 

L'étude d'un système est topologique, énergétique, chronologique. La thermodynamique s'intéresse aux attributs énergétiques d'un système, qu'il soit isolé (n'échangeant ni matière ni énergie), fermé (n'échangeant que de l'énergie) ou ouvert (échange de matière et parfois d'énergie). Le sujet est un système qui échange de la pensée, parfois de la matière et de l'énergie. Les systèmes ouverts, et ouverts diachroniques (le sujet) disposent donc  de structures dissipatives, et sont régis par un ordre par fluctuation. L'état du système peut être l'équilibre, l'expansion ou la contraction. Mais y-a-t-il vraiment une théorie de systèmes, ou reste-t-il plutôt une thermodynamique unifiée à élaborer ?

 

 

 

Le processus déterminant des systèmes biologiques est à l'entrée, c'est l'auto-reproduction. La chair-contenance est auto-reproductrice, le sujet ne l'est pas. L'auto-reproduction de l'être vivant, lui-même à l'entrelac de multiples systèmes physiques, mène à la population et à la divergence; la réflexion du sujet mène sûrement à quelque-chose, mais quoi ? Le système population d'êtres vivants est, comme les systèmes physiques, un système à processus unilatéral, évoluant dans un sens privilégié, à expansion continue, divergent. L'unilatéralité définit la dynamique, mais la dynamique du sujet n'est que conviction de son unilatéralité; or le sujet est un système à processus multilatéral, avec une diffusion d'ordre élevé entre des compartiments non homogènes et non adjacents, entraînant un temps de retard dans la perturbation de la dynamique d'un compartiment à un autre. La diffusion entre ces compartiments, dans l'espace continu et à dimension élevée des membranes intercompartimentales, cet espace intermédiaire du sujet, est l'essence de sa diachronie.

 

 

 

La topologie des systèmes est de type caténaire (en compartiments successifs) ou mamillaire (un compartiment central est précurseur de tous les compartiments périphériques, indépendants entre eux). Les compartiments du sujet ont une disposition en abyme, ou polaire. Artifice topologique des systèmes excréteurs: la topologie des systèmes êtres vivants est dépendante en priorité de la nature endogène ou exogène du constituant biologique considéré. Les molécules strictement exogènes (ions, minéraux, acides aminés essentiels, etc...) nous reploient à la roche, l'herbe ou l'animal; les molécules endogènes ne passent aucune membrane du règne des vivants (notre milieu intérieur lui-même, extracellulaire (plasmatique, intersticiel ou lacunaire, lymphatique), est contraint  par le secteur intracellulaire: le milieu "extérieur" des cellules est le milieu "intérieur" de l'organisme, sur lequel seul s'exerce l'homéostasie bernardienne) (le liquide lacunaire est espace de transfert par excellence); les molécules mixtes (certains sucres, acides aminés, acides gras, mais aussi l'eau dont 5% est d'origine endogène par cuisson oxydative de chaînes carbonées) sont autant de plis de nos non-limites minéral/organique ou végétal/animal.


 

L'Etre est une Intelligence qui pense la totalité du réel et du possible. L'Etre désire l'Un et s'y fonde, comme la solidité du vase du Tao n'a de sens que par le vide qu'il enveloppe. 

 

La douleur, externe, nous reploie à l'inorganique

La douleur, interne, est damnation divine

La douleur, impératif de la limite, circule sur le ruban de Moebius du Moi


 

L'automatique, science des systèmes programmés, séquentiels, asservis, adaptatifs, nous convie à la cybernétique par analogie aux processus biologiques. Des apports directs et spontanés par des transferts autres que la diffusion, du milieu extérieur vers les systèmes: métamorphose des roches, systèmes cosmogéniques. Des entrées automatiques dans les systèmes êtres vivants, celle de l'oxygène, par diffusion; tout système biologique qui n'est plus alimenté converge, ce qui signe la dénaturation des structures et la mort. Dans les systèmes populations d'êtres vivants sévit un automatisme par asservissement régulateur, la sortie étant constante (quelles que soient les perturbations du contenu du système, la mort est commande de sortie constante). Entrée, sortie: la vie d'un système vivant s'effectue sans la participation de sa volonté. Le métabolisme est régulé; les systèmes régissant les mouvements et la communication (la vie de relation) ne sont que "suiveurs".


 

 

L'aspect chronologique ne concerne que le comportement individuel des éléments d'un compartiment d'un  système dynamique. L'élément peut disparaître au hasard selon une probabilité de dissipation, ou suivant son ordre d'apparition (ou temps de transit). Chaque être vivant a une durée de vie caractéristique de son espèce (le système êtres vivants est sous la contrainte externe temporelle stricte du système population d'êtres vivants). Des problèmes spécifiques aux systèmes biologiques êtres vivants, non réductibles à ceux de multi-systèmes physiques: la durée de vie, et l'éventuelle capacité maximale du compartiment; les capacités de différenciation et de renouvellement cellulaires. L'innovation de la reproduction sexuée est la persistance de l'individu-mère. Horizons nouveaux du vieillissement du sujet, confronté à la forme, cette structure  de l'espèce. Accroissement du système être vivant, procréation, stérilité: la durée de vie d'un être vivant n'est que la somme des durées de temps partiel de chacune de ces trois étapes. Reste à déterminer si ces temps sont de même nature, s'ajoutent, se chevauchent, et quel type de temps caractérise la mort, et donc le sujet.



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Published by panopteric - dans poussières d'os
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