Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 01:48

La mort c'est une blague

La même vague

Nous baigne toujours


Guy Béart

 

  contrepoint.jpg

 

Le sujet se déploie entre une antenne fractale et une structure en métamatériaux: hyperinterception versus invisibilité au chaos.


 

Le temps s'écoule (angoisse); la pensée s'épaule, joint, transfixe (arbre).

Ce qui m'était paranormal surgit aujourd'hui comme évidence, à l'usage de l'hindouisme, de Nietzsche, de Freud et de ces autres "mystiques": la pensée est diachronique, et elle est outil d'invention du monde, elle est l'ascenceur chamanique, le " tempstropie" passe et n'est pas la mer, éternelle et énigmatique. Montée par l'Artha sanscrit ou par Francis Ponge, le mot-pensée explore en contiguïté, par conjonction à tous les autres déjà inventoriés ou restant à découvrir, tout l'autre-du-temps. Le mot-pensée qui joint dessine par itération l'arbre (cantorien) du temps de tous, et non plus le temps entropique; il est le "petit vent tourbillonnant"1 qui scanne tout le réel. 

 

 

 

La limite psychique du sujet est une fractale.

Deux processus itératifs dessinent cette limite: la douleur (qui par découpes successives du "sac originaire" détermine une peau en ensemble de Cantor) et la pensée (qui explore à chaque découpe la faille  créée). Le filtre deleuzien se constitue ainsi selon un processus fractal; et la mort, ce "tumulte des pensées qui fuient", n'est pas en rupture d'organisation avec la vie:

il y a invariance d'échelle entre la "vie" et la "mort".

 


 

La peau psychique est percée au rythme des douleurs;

La peau collective est percée au rythme des guerres:

il y a invariance d'échelle également entre traumatisme et folie

(cf. F. Davoine et J.-M. Gaudillière)

 


 

L'arbre chamanique cher à M. Eliade, réseau de racines vers le ciel, est le rythme fractal de l'humanité. Et c'est vraisemblablement celà cette "cohésion au végétal", cette "communication avec l'arbre" ou son feuillage, que ressentent les expérimentateurs d'ayahusca, qui est à la base de l'humorisme hindou: la perception du rythme fractal commun du vivant, cette structure commune du Réel, par delà le temps des individus et des générations (ou même des espèces ?). La néogénèse teilhardienne est ce même processus:

l'Alpha et l'Omega présentent une invariance d'échelle

(et Dieu n'est "que" le processus fractal ?)

 

 


Et la question devient:

 

"de ces instants où l'Etre survient, par dévoilement de limites de la Maya ou par effraction vers le Réel, en est-il qui ne soient pas traumatiques ?" Les mots eux-mêmes, ceux de la poésie, sont-ils doucereux outils du rêveur ou plutôt coins de force ? Les paradis chimiques, l'ascèse, l'effort yogique en seule voie par la douleur ? Seule l'intranquillité d'un F. Pessoa, où le corps perdu d'un J. Bousquet ?

Quid alors du regard clair des mystiques ?

Quel au-delà de ces instants d'Etre, forcément dynamiques ?

 

 

 


 

1. Comme en pays dogon on considère que la folie résulte à l'exposition d'un "petit vent tourbillonnant" capable de mettre en contiguité toute l'étendue minérale du plateau de Bandiagara et tout le sujet exposé (P. Coppo, Les guérisseurs de la folie, histoires du plateau dogon, Les empêcheurs de penser en rond, 1998


Partager cet article

Repost 0

commentaires