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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 18:17

"Des siècles de judéo-christianisme et de... platonicisme ont acclimaté un sentiment de l'unicité, de la responsabilité, de l'âme comme sujet et comme objet d'éternité. (...) Mais le citoyen d'Athènes, le Grec de l'Antiquité, se pensait lui-même directement à l'intérieur du tissu social. (...) Comment dire à des Athéniens, en espérant soi-même rester en vie, que la Cité n'est pas l'Alpha et l'Omega" ?

(Introduction de J. Cazeaux à La République de Platon, texte qu'il nous rappelle globalement contemporain de Confucius
(Platon: -427, environ - 347))
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Unicité de l'âme et individuation d'organes: de Platon en Galien...

Tissu social, tissu corporel et âme s'interpénétraient avant Socrate et étaient circulés des mêmes Rasa; Platon théorisa l'unicité-individualité de l'âme, puis Galien, deux siècles plus tard, admettra - au moins sur un plan didactique, mais dans cette ouverture là se précipiteront tous les théoriciens du corps-machine, et tous les tenants de la méthode anatomo-pathologique de notre XVIIIè, substrat du biopolitique - admettra le corps composé d'organes distincts, sièges des différentes fonctions: la machine, clivée de l'âme, était prête pour la mise en pièces...


L'Eternité, ou l'absolu de l'être (Epilogue, scène 2):

"L'éternité est difficile pour un composé multiple qui n'aurait pas une parfaite composition - ce qui est justement, à nos yeux, le cas de l'âme".

Le citoyen grec de l'époque présocratique admettait en effet trois parties à l'âme, raison, agressivité et désir; Platon, préfigurant la logique conjonctive des stoïciens (dans laquelle tous les éléments d'une proposition doivent être vrais pour que la proposition elle-même soit vraie) conditionne l'éternité de l'âme à l'adéquation de ses trois composantes; alors l'âme peut-elle prétendre à un statut autonome, éternel, voire divin, et non plus dépendant d'interactions entre parties, et avec d'autres composantes, tissulaires, de l'individu. Il est difficile également de ne pas évoquer ici l'"accord universel" des physiciens grecs, résultant de la proportion respectée entre les éléments, cette parenté, du même au même, qui découle d'une proximité entre les choses; cette proximité-amitié qui gagne, contagieuse, les éléments en proportion.


"C'est à tout principe de mort et de corruption que s'identifie le mal; et au principe de conservation et de valeur positive, le bien. (...) Pensons que l'âme est alors chose immortelle et qu'elle a le pouvoir d'admettre tous les maux et tous les biens, (...) nous ferons constamment métier de la justice et de sa compagne, la maîtrise de soi. Nous aurons alors l'amitié de nous-mêmes et de la divinité".


"Maîtrise de soi": une appropiation à soi-même, "oïkeoisis" stoïcienne et conjonction de l'Inde ancienne ?
Un "au-delà du bien et du mal" qui permet de "lâcher prise" et de vivre connecté à l'instant ?
Mais par delà ces thématiques d'un vivant conjonctif et tissulaire, global, d'une approche holistique du sujet tels que l'appréhendaient les présocratiques ou l'Inde antique, se morcelle chez Platon le lien du sujet au monde, au milieu social comme à la Nature...


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Published by panopteric - dans médecine conjonctive
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