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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:37

P1050164.jpgkali © anda peleka

 

 

L'Apocalypse a été tournée en live, me dit-il lors de notre dernière rencontre; ce n'est pas une substitution, l'horreur est là, le fleuve qui monte est là, seules les barques perdues le remontent, et seuls les perdus le domptent. C'est comme si l'eau retournait à la jungle, atteignait à Das Ding, seule, fantasque mais pure, vers la grotte, sous emprise, hurlant la limite, nourrie de la douleur des chairs instables depuis le premier jour, sans gloire, plus d'air ici, seules l'eau et la terre. Unique de la vague qui monte et surmonte la halte des mots, la brûlure des peaux, les enfants dépecés de Maldoror  hurlent-courent en avant même de leur cri, porté par le fleuve qui tue, charriés comme la chair des nuits. Enfin, la douleur entière fut piégée juste dans la pause entre les mots qui touchent et qui voient:

l'horreur, l'horreur...

 

 

 

 

 Gratuité, absurdité, opiums, tout ce trajet se revit, mais lui est déjà de l'autre côté, sans plus aucune haine maintenant; le dernier chef d'ici a été offert au Gange, et il n'y a pas de mots pour dire ce « ça ou la mort », ce sans affect, cet au-delà même de la folie privée. J'étais arrivé à ce bout de la rivière que lui, enfant, avait descendue en un vrai paradis; il est ici et maintenant dans l'horreur, dans une liberté réelle... Il est un et  seul dans cette impasse du mal, dans ce sans affect  qui irradie bien l'a-pensée à toute une secte, mais le mal lui n'est pas contagieux.  Il cherche un meurtrier-témoin, nous sommes les hommes creux, il est un homme brisé, délié entre amour et haine, il est dans la déchirure même. Au tout près de ce cloisonnement, plus question de fusions amoureuses, de création du troisième, la féminité est toute en  tête de mort. Mais ici pourtant quelque chose fait centre, un drame se publie, nous sommes en présent, mais l'origine, cette vie de l'instinct, est morte; le spectre rappelle que les noms ont disparu.

 

 

 

 

Dans le trauma l'horreur et la morale ne peuvent être qu'alliées ou ennemies, nous n'avons pas le choix de la zone grise, nous  tuons sans jugement, d'ailleurs ici aucun mot pour juger n'est possible. Les colons sont de trop: immobiles, ventrus, hors du delta, ils ne sont pas le fleuve. Le seul possible est de l'arracher à sa douleur, au risque de la vénération, mais tous posent les armes, dès le centre épidémique abattu de sang froid.

De sang froid. De sang froid...

 

 

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