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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 09:47
Tu es encore là, tu n'as jamais eu un aussi bon oreiller, et tu vas continuer l'inventaire, le calvaire, tu ne sais pas t'arrêter, le décor est associatif, cure, il y a association de malfaiteurs, tu en as besoin: tu es femme. Et tu laisses passer avec dédain tous les grains de sable du monde. Tu le regarde comme ça parce que tu n'as aucune arrière-pensée. Ramasser ses vomissures. Très bien manger. Je ne veux de pitié de personne.  Tout, dans la vie, a une couleur qui parfois ne correspond pas à la couleur du regard. Quel feu de cheminée ! Moins élégant que papa, mais plus efficace. Je ne grossirai pas à sa mort. Il y a toujours un cochon pour en profiter. Elles en ont tiré quoi, ces idiotes, d'avoir fait leurs études chez les Soeurs ? Elles ont une idée de ce qu'est le péché; moi, même pas. Il n'est pas pire péché que les lectures mal digérées. Silence. Distribution des prix. J'ai tout gâché, mon temps, mes mots... Et toujours pour la même raison: je n'ai jamais osé dire ce que je pensais. Je vais m'arranger un peu devant ce miroir. Je sais déjà qu'on ne se reverra plus. Ca ne tient pas debout ce que je raconte, mais j'ai toujours adoré battre la campagne. Quelle vue ! J'ai encore cette odeur de cierges plein le nez. Je ne l'oublierai jamais, cette odeur. Vieux beurre. S'occuper des morts, ce calme qui n'est déjà plus de ce monde. J'ai horreur de voir couper des fleurs. Je souffre facilement, je souffre pour un oui ou pour un non, souvent pour rien, parce que rien, pour moi, c'est déjà quelque chose; quelque chose qu'on ne peut pas décrire mais qui existe. Quand j'essaie d'exprimer ça, tout le monde se moque de moi. Un jour le châtiment vienda. Mais non ! Ce sont des mensonges ! Toute cette histoire de châtiments ce sont des mensonges ! Ces jours ci, en ville, on est en train de construire un immeuble de douze étages et il ne s'est rien passé. Je me vois déjà entrainée par les eaux, mais il ne s'est rien passé. Il y a eu une tempête, c'est vrai, je ne pouvais plus parler distinctement, je me suis même rappelé la confusion des langues. Je peux venir quand je voudrai, d'accord, volontiers, mais le problème c'est que rien dans ma vie, pratiquement rien, n'arrive quand je veux.



Juanita Narboni est ouverte
Juanita Narboni est fermée
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(notes de lecture)

Angel Vazquez

La chienne de vie de Juanita Narboni
Rouge Inside Editions
2009

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