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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 09:00


Le totalitarisme est intracellulaire



Peut-être existe-t-il une folie intracellulaire, neurotique, synaptologique, neurobiologique, et une autre extracellulaire, sociale. En érigeant une limite, une membrane cellulaire dans un milieu entropique, le vivant se condamnait-il à l'exclusion en gage de survie ?
La limite est exclusion sociale et réintégration spirituelle, dit M. Foucault à propos des léproseries et des asiles. Reléguer,  exiler hors de la limite est-il donc une obligation "vitale" du système, qui crée ainsi ses marges, se nourrit à partir de son "monde du milieu", et déplace sa limite ? Les pestes brunes, les totalitarismes seraient-ils des infections intracellulaires de nature à figer et contracter le système social, à empêcher sa porosité à son espace intermédiaire, tandis que les révolutions, révoltes, folies sociales, fous du Roi pourraient survenir sur le mode  inflammatoire, extracellulaire, contaminations du milieu intérieur de la société, "tuning" sur ses rasa, inflammatoires au risque de l'explosion - plus de limite - dissipation. Au risque de la disparition1, mais ces états inflammatoires seraient inducteurs, après un passage chaotique, d'états stables nouveaux, création. La condensation brune, intracellulaire, concentrationnaire - apoptotique - ("shrinkage") est elle douloureusement muette, d'une douleur qui se perpétue, karma de la cellule, morte sur elle-même puis phagocytée par les gardiens  de l'ordre, et douleur survivant en l'autre, répétition2.


Certes le système totalitaire massifie3, mais sur un autre plan que celui des rasas, véhicules de la compassion.
Il ne massifie donc pas non plus sur la haine: il massifie sur l'indifférence, l'a-rasa, l'a-pensée. Il massifie sur le cognitif et non sur le sentiment, l'humoral. Il reste intracellulaire, et n'atteint pas directement au tissu, mais doit immobiliser chacun dans un réseau au prix d'une machinerie administrative et policière effroyable. Il ne peut bénéficier de la contagion, apanage des pauvres. Il provoque bien un  "pas-de-côté de l'inconscient" mais à l'envers, vers la désynchronisation des rasas, vers la seule communication codée. La svastika nazie tourne bien à l'envers.



(à suivre: germs and survivors)



1. La disparition des sociétés non totalitaires n'aurait ainsi pas un substrat malthusien comme repris dans des thèses récentes (J. Diamond), mais infectieux au sens social.  Reste à discuter si un seuil de population favorise l'épidémie sociale.
2.
La pulsion de mort qui prévaut au sein du phénomène totalitaire, intracellulaire, condensant, n'est pas contagieuse. Tuant son hôte, le totalitarisme, parasite intracellulaire obligatoire, court à sa perte. L'empathie, elle, extracellulaire, intersticielle et tissulaire, peut atteindre à des modulations infectieuses, inflammatoires et contagieuses.
3. H. Arendt, Le système totalitaire.


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