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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 22:37




27 décembre 2009


Djenné, couleurs. Tout près de toi et de ton lapin, Bonhomme, sur le toit, tout près de toi, quatre ou cinq ans se condensent, en bas la cour, la cour du vieux dindon. Tous de passage, mais certains ciels cristallisent les peaux.

Il y a un ou deux ans, depuis, l'électricité est venue, et les rateaux à télévision germent et s'accrochent aux terrasses, et les étoiles ne seraient plus si belles ? Et les nuits seraient moins longues, moins longues du travail plus vite des hommes ? Recul du sacré face  à autre chose ? Face aux choses ? Djenné, patrimoine mondial de l'humanité, où coulent parfois les trop lourds autobus, trop lourds de biens d'ailleurs, en rares accidents, encore.

Quelle métaphysique ont donc ces arbres ? (...) L'unique signification intime des choses,c'est le fait qu'elles n'aient aucune intime signification.

Piste Danièle Mitterrand, piste des oignons, piste de mon grand-père Marcel Griaule, Sangha, Sangha, Sangha. Demain, hors le système. Ce soir, trop sérieux, le chef des guides, trop au sérieux, le maître d'hôtel, héritiers de rien du bout de la piste, chez qui nous ne reviendrons pas, héritiers d'ailleurs où n'existe plus la semaine de cinq jours. Demain, la falaise. Après-demain, sur le plateau arraché aux passerelles des ancêtres et arraché aux vertiges à pousser les corps oubliés - les corps fuyants de l'âme - après-demain, peut-être, les petits vents tourbillonnants qui baignent par les pieds libres. Dans l'énorme, l'a-norme, de l'émotion qui remonte, dans ce retour ici, sur ses propres traces, toute une bande de connivence, accroche une nouvelle histoire.

Bandiagara. Etonnante sonorité, dans l'unité de médecine traditionnelle, au bâtiment déja vu au-delà du fleuve et au-delà de quelques ans, car c'est bien un retour, je me répète, un retour sur eux, enfants, amis et monde, ouvertures plus larges donc, salles plus rondes et plus grandes, étonnantes sonorités sous les clefs de voûte absentes. Ma propre voix m'y revient en léger différé et avec la résonnance du vieux téléphone. Car c'est bien un retour, j'ai le retour, je n'avais pas le retour. Ici on soigne le vent, la folie du plateau Dogon, ici on se parle-soigne.



28 décembre 2009

Grand causse de Bandiagara. Plaisir de la marche. Une fois le très chaud, très haut, très fort du petit matin passé, et qui fait tousser, et qui fait lutter, seul-à-seul obligé dans la montée, jusqu'à la première mangue, inespérée, jusqu'à la première eau à volutes de craie, car le plateau est bien dessus, dessous, dedans nous, plaisir de la marche. Plaisir, quand il n'y a pas d'échelles à se refaire touriste, à se cliver du plateau. Il aurait fallu naître ici, il faudra bien naître, bientôt, pour être, accepter ce mille-corps-plateau. C'était bien le programme. Nommo 2000. Pour être un gardeur de troupeaux. Le troupeau ce sont mes pensées et mes pensées sont toutes mes sensations. (...) C'est pourquoi lorsque par un jour de chaleur je me sens triste d'en jouir à ce point, et ferme mes yeux brûlants, je sens tout mon corps couché dans la réalité, je sais la vérité et je suis heureux.

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Published by panopteric - dans livraison
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