la lune commence à être réelle
Nommo 2000
sur une pierre on dort cosmiquement
23 décembre 1999
Take-off, again, l'angle si rapide, la rupture, le soleil. Again , non, cette fois comme en point final qui s'étire,
tendu depuis des mois, perdu, et pourtant achevé: table rase. Ils ne sont pas vraiment sauvages, certes non, ils sont gardiens et nous allons nous rendre, détruire le bagne, évider le profit,
tromper le calcul en autant de parcelles inéquitables et pourtant justes, frottant le vieillard, qui hante la limite. Une tradition peut choquer le touriste, mais nous nous rendons à elle en
gardienne, nous, colonne multiple, ensemble. Nous effleurerons encore, mais il s'agit d'un autre fleuve, l'éclipse est passée, il n'y aura plus de rupture, mais le geste sera disséqué au temps et
alors survivra. Le programme trompeur restera stérile mais l'imprévu des escales nous riera, nous culbutera, nous écorchera, nous toussera et nous haïra: ensemble nous mangerons, et les ancêtres.
Tissu humain nouveau pour roches éternelles: métamorphique est notre groupe, celui-la même qui bientôt boira le bissap tiède dans la cour d'école, au petit vent lumineux de l'arbre, tandis que le
maître dit.
24 décembre 2009
De la boîte-à-humains, encore, nous brinqueballe, résignés encore, oubliant le corps, rangé, replié, douloureux,
oubliant la langue qui ici ne nous dit, cachant la peau claire: rien que le goudron qui défile et que seulement on entend, cinq fois, à l'entrée de chaque bourg, espoir de ce qui est avalé
derrière, et d'une pause en devant. A l'extérieur, là où rien encore n'est vie, vélocipèdent et charaboeufent, vendent et mangent. Et que la brousse, déjà, a brûlé. Mais parfois de grands
bidons-barrages arrêtent la boîte-à-humains qui glisse la route. Et alors le temps reprend dans la boîte. Aië1. Mais la nuit tombe, et la boîte redevient infinie. C'est Noël toutes les nuits.
Par panopteric
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