... et que tous deux nous emmenaient dans un Tao de la douleur (Tristia, Melancolia, Exil, ...), seul noeud d'où l'on peut vivre et parler, car "ni l'amour, ni la peur ne nous laisse échapper" (O. Mandelstam). Baudelaire aussi, faisant mine de choisir, décida le spleen en poésie totale, au noeud de toutes les autres: Amour et Ailleurs.
copyright la jolie brunette du bistro d'alco,
montpellier
L'ange n'a pas toujours eu des ailes (...). L'ange, ce serait le fantastique quotidien en tant qu'il est lié à la parole (...). C'est une expérience insaisissable, et je crois que finalement on pourraît comparer aujourd'hui l'ange dans la vie quotidienne à cette scène (...): le regard d'une passante, ce choc fulgurant mais non conservable - et en lui-même disparaissant - qu'est la rencontre de quelque chose qui nous dit ce qui n'entre pas dans un discours.
M. de Certeau
L'astre noir scintille dans le miroir. Tout va La vérité nous est obscure L'homme vient au monde. La nacre est mortelle. Suzanne attendra les vieillards.
0. Mandelstam
Tristia, 1920
Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle
C'est pourquoi tu veux rester
(...)
Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur
Sur Notre Dame des Pleurs
Ce qui a résisté — inalliable, inoxydable,
Brûle comme argent féminin.
Et le sobre travail argente
Le fer de la charrue, la voix du poète.
O. Mandelstam
1937