Ca sert d'aller aux réunions du NPA, même si on arrive très en retard, après avoir couru
après rien une bonne partie de la journée sous une chaleur de m.... Ca sert, parce que ça remet en place, sa place, celle d'où on peut comprendre, décider, et agir. Ca pose la bonne question,
quoi, celle qu'on attendait sans pouvoir, seul, la préciser.
La révolution sera
écosocialiste
D'abord, il faut que je lise Marx. Qui avait des intuitions écolo, et prônait un équilibre entre l'humanité et la
nature. Qui vit la rupture du cycle des nutriments, cette crise écologique majeure de son temps: la merde restait maintenant en ville, disciplinée, à l'égoût, et ne fécondait donc plus les
champs: les sols s'épuisaient, il allait falloir recourir bientôt à l'engrais chimique. Aujourd'hui, la lutte anticapitaliste ne peut plus se dissocier de pratiques écosocialistes: capitalisme,
productivité et altération du milieu de vie sont étroitement corrélés. Mais peut-être faut-il, suivant Lénine, insuffler "de l'extérieur" cet écosocialisme aux camarades luttant pour sauver leur
outil de travail. Car aujourd'hui "les Lip" doivent occuper les usines, oui, mais pour faire du vert à la place des bagnoles.
Des dérives "chez Gaïa" ?
Certains "décroissants" véhiculent-ils une idéologie malthusienne ? (Tel Jared Diamond dont l'ouvrage
Collapse, analyse de la chute des civilisations, relève d'un sinistre néomalthusianisme...) (Merci d'analyser ainsi le malaise, la déception que j'eus
récemment en écoutant l'auteur du génial "Guns, germs and Steel").
L'écologie peut-être anticulturelle ? Prôner l'alimentation locale nous raménera-t-il à la mentalité micronationale ? A la stigmatisation, encore, de l'autre ? La migration ne serait-elle qu'une
pratique capitaliste, dérivée de la colonisation ? Mais pourtant les flux migratoires sont l'essence du monde, alors ? Le système coopératif relève-t-il d'un seuil de population pour être
viable ? Et certains "décroissants" (tels Latouche) prônent le capitalisme. D'autres (tels Rabhi) l'élitisme et la secte. Alors comment faire circuler la culture mais pas la matière, alors que
le capitalisme s'essaie à l'inverse ? Commençons quand-même par être locavores... dans cette "phase de transition", admise par le NPA, vers un monde anticapitaliste.
Oui, d'abord il faut que je lise Marx. S'il avait été hindou, il n'aurait pas parlé d'"humanité" et de "nature", mais de Gaïa, comme un tout vivant... Mais au NPA
on a lu Marx plutôt que La physique du Tao, et c'est la valeur travail qui reste au centre des luttes, il faut transformer l'outil de production; or c'est la valeur
vie qui est au centre des préoccupations des "tenants de Gaïa", chez qui "culture" et "matière" sont du meme tissu et circulent par les rasa, et peut-être ont-ils bien, ceux-là, malgré parfois des dérives dont il faut être conscient pour les contrer, un
grain d'avance sur Marx l'occidental...
(Dehors, un greffé de la faim dort dans son 4X4)
Par panopteric
-
Publié dans : révoltes de papier
-
0
-
Recommander