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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 20:56


Les villes se construisirent sur des compromis.


Celui d'aujourd'hui juxtapose cinq systèmes qui ne se parlent plus:

1. un centre riche en équipements où vivent les populations privilégiées;
2. la banlieue périurbaine des petits bâtiments collectifs des classes moyennes attachées au lien avec la centralité impossible;
3. l'aire pavillonnaire suburbaine condamnée à l'automobile comme lien;
4. les grandes barres enclavées des exclus et assignés à résidence;
5. des zones de campagne, refuges des "rurbains"
(François Ascher, urbaniste, Le Monde, 15 mai 2009).



Le Hasard c'est la rue. La rue diverse et multiple de vérités à l'infini (...). Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve, (...) on se laisse porter par ses ambitions, par ses rancunes, par son passé. (...) C'est notre sanctuaire moderne, la rue
(L.-F. Céline,
Semmelweis, 1924)


Il n'y a pas de rues entre ces cinq zones là. Et Haussman n'y pourra rien cette fois.
Voyagé, consommateur, terroriste, nomade: quelques définitions à l'usage de ceux qui croient nous "diriger".


Résistances nomades, rues sociales, utopies durables.
Yourtes, collectifs, révoltes.

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Published by panopteric - dans révoltes de papier
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commentaires

Dominique Hasselmann 02/06/2009 16:00

Je suis évidemment d'accord avec vous, et l'architecture du baron Hausmmann est encore un exemple de clarté par rapport à l'entassement des "barres" que l'on fait d'ailleurs sauter allègrement, sans avoir toujours prévu des solutions rapides de remplacement !

Dominique Hasselmann 02/06/2009 09:42

Mais toutes ces barrières sont-elles aussi infranchissables ? Allez au Forum des Halles, à Paris, c'est une agora multiculturelle (certes, la marchandise attire), un lieu de rencontres...

Belle citation que celle de Céline, merci.

panopteric 02/06/2009 15:49


Réfugié en zône 2, je compte franchir les passages grace au vélo... Merci pour votre commentaire. Oui, il y a heureusement des noeuds de rencontres à faire, mais pour l'habitat lui-même c'est
quand-même très catégorisé...


LungTa 20/05/2009 06:27

Hausman y travaille le plus souvent, cherchant à désenclaver les barres (souvent coincées entre la voie sncf, le périphérique et la décharge) par des nouvelles voies (à défaut de rues) ou de nouveaux moyens d'accès comme les trams

Bon ceci dit la vision est bonne mais pas générale, voir un peu datée d'il y a plus de dix ans,

déjà elle est française, dans d'autres pays anglosaxons les centres sont au contraires "abandonnés" aux plus pauvres

mais ensuite les grandes barres sont pour parties souvent entre le centre et la banlieue périurbaine, car à une époque, ils étaient dans la banlieue périurbaine, ensuite, dans les compagnes il n'y a pas que les rurbains, il y a aussi ceux qui ne sont même pas dans les barres, et comme la voiture est indispensable et qu'ils ne l'ont pas obligatoirement, ils se retrouvent "enfermés" dans ces grands espaces

merci en tout cas pour ce partage

cordialement

panopteric 20/05/2009 08:34


C'est vrai que ce n'est qu'un modèle très schématique, et à la française, mais ça fait réfléchir. Merci pour vos précisions ! Vivent les rues, les trams  et les interstices, et les villes
intelligentes (Montpellier, peut-être, que je découvre).