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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 21:21
Mircea Eliade reste un de ceux qui me subjuguent car ils m'ont subjugué à la première lecture (Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, brique orange magique dont l'introduction m'initiait à ce "reste" qu'aucune rationalité ne peut détourer, et à la pratique de ce lien, seul réel entre les dualités qu'on nous impose (ici-bas / dieux; soma / psyché; conscient / inconscient; etc...). Je m'apprête à re-visionner en famille L'homme sans âge adapté par Coppola, qui effleure pourtant la relation ambigue du héros-Eliade avec le nazisme, et leur délire d'empire immortel; je suis bien conscient aujourd'hui du "structuralisme exacerbé" de l'auteur de "L'éternel retour"; aussi des reproches fait par les ethnographes à celui qui explora plus les textes que les cultures pour produire son Chamanisme et son Traité d'histoire des religions; mais comment résister à ces quelques mots d'introduction de Patanjali et le yoga (1962), découverts ce soir. Quand la compulsivité d'une lecture enveloppe un indispensable. En substance:


Comment aborde-t-on le "conditionnement" de l'être humain ? En Europe au XIXé siècle, par l'"héréditaire" et le "social"; en Inde on s'aperçoit que ces conditionnements sont assez faciles à délimiter, et donc à maîtriser, et on s'interroge surtout de savoir jusqu'où s'étendent ces zones conditionnées de l'être, et si un au-delà de ces conditionnements existe; alors on dispose déjà d'une exploration de l'inconscient, bien avant les psychologues: SAMSKÂRA, VÂSANÂ, autant d'"imprégnations, de résidus, de latences", de contenus sur lesquels on travaille pour les "brûler", car les grands obstacles pour  la vie ascétique surgissent bien de cet inconscient;  et on pose également qu'une "conscience-témoin", conscience du délivré, du mystique, est une conscience affranchie de la temporalité, spontanéité pure, liberté absolue.


Le sujet en contrepoint de son conditionnement; sa liberté par l'obtention d'une conscience-au-réel dans l'instant et non dans le temps.


L'oeuvre d'Eliade, une odeur qui ne peut plus me quitter, comme celle de la côte ceylanaise d'alors dont le vent lui apportait l'effluve intense des fleurs, lui encore sur le paquebot, effluve qui fut son originaire avec les Indes, retour, voyage de l'occidental en monde souterrain et boisé.


"L'image n'est pas un symbole, mais le monde imaginaire est intermédiaire entre le monde symbolique (celui de la parole) et le monde réel de l'être". Lacan répliquant à Eliade, accusé par lui d'adhérer aux archétypes jungiens.

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Published by panopteric - dans fous de l'Inde
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