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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 20:50
Le maquillage est-il uniquement un rituel bourgeois de soirs de théâtre ? Un "montrer" ? Ou bien plutôt un masquage de notre corps organique, dont il faut cacher les effluves au voisin, et les émissions possibles aux artistes qui performent sur scène ? Ou encore le maquillage est-il surlignage d'une limite du corps, si floue et mobile à l'habitude, et fixée à l'arbitraire d'un uniforme en ces soirs là ? Ou le maquillage n'est-il plutôt que parure d'amour, senteurs artifices et plongeants yeux de biches, mais parure-canon unique, qui masque les phéromones et leur appel subtil ?



Comble de la désubjectivation en première page d'un quotidien gratuit distribué aux portes du métro d'une capitale du monde néolibéral: les centres de "delooking" pré-embauche vous moulent, quelle que soit votre personnalité, au semblable attendu du cabinet de recrutement, fouches caudines du monde du travail. Modèle cadre, modèle communication, modèle commercial, tout est possible dans cette petite gamme des automates-à-travailler. Tailleurs de marque et maquillages de démarque. (Pour les hommes, il serait simplement d'usage encore de porter veste et cravate). Bien sûr, une fois l'entretien d'embauche terminé, libre à vous de "reprendre" votre look personnel. Libre à vous ? bien sûr ?



On se maquille pour le théâtre-social et le travail-machine, autant de passivités, l'une en attente de résonance-peut-être des humeurs, la seconde en animalité-muscle ou animalité-neurone. L'Etre, lui, ne se maquille pas, mais est-il convoqué en ces assemblées de clones ?


danger: la révolte d'un seul corps pourrait menacer tout le spectacle imposé


On majore sa limite aux choses, et on se chosifie, tissu ou mécanique, réceptacle ou producteur. On perd ses odeurs, ses bruits et ses couleurs, autant d'émetteurs. On devient matière juste  cohérente, en attente d'un mouvement à recevoir ou à devoir produire.  Mais affect unique: la limite poudrée de blanc est perte du jeu où l'autre  - l'Etre en nous - pouvait passer le corps que l'on habite.

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Published by panopteric
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