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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 23:08
A septième vague, on s'intéresse (aussi) aux liens (au moins métaphysiques) entre le monde des morts et celui des vivants...


Est-ce que ça change quelque chose s'il y a plus de morts que de vivants ? Est-ce qu'on est "débordés" par la gestion du souvenir, par la rencontre des images, ou tout autres contacts ? est-ce que ça perturbe la bonne marche du samsara ?
 
Mais d'abord il faudrait savoir compter les morts du genre Homo, pour ne pas remonter trop loin, disons...


 
SUJET DE L'EPREUVE
 
 
1. Si une population est stable, très rapidement, le nombre de morts dépasse celui des vivants, à une vitesse qui dépend du taux de mortalité, comme nous l'explique par cet exemple un spécialiste de paléodémographie:
 
"avec une pop de néandertaliens disons  de 10.000 individus en moyenne X 250.000 ans X  le taux de mortalité de 0.04 (40 pour mille) = 100.000.000 (cent millions)  d'individus morts depuis l'origine, au dernier néandertalien , à comparer avec les 10.000 vivants (en moyenne).

Ceci peut d'écrire : P X m X t = d*

(avec P la population initiale (constante), m le taux de mortalité, t la durée, d* le nombre de morts cumulé)

On trouve :

 t = d* / (P  X m), c'est à dire, avec l'exemple néandertalien ci-dessus : 25 ans".
(merci à link)



 
2. Mais actuellement et jusqu'en 2050 selon les prévisions, la population humaine est en croissance rapide, du fait de l'existence de nombreuses populations encore en première phase de transition démographique (diminution de la mortalité tandis que la fécondité reste forte); par ailleurs le "temps d'égalisation" entre nombre de morts et de vivants, qui est l'inverse du taux de mortalité comme le calcul ci-dessus le montre, augmente puisque la mortalité diminue.

Alors: au commencement de l'expansion humaine, le monde des morts a très vite été plus peuplé que celui des vivants (cf. 1); qu'en est-il depuis ces quelque(s) siècle(s) actuel(s) de croissance quasi exponentielle des vivants ?

Des données démographiques très synthétiques sont disponibles par exemple ici: link


 
Un grand merci au ou à la "matheux (se)" qui,
 si ça n'est pas trop "chronophage",
arriverait à "pondre" une courbe de mortalité cumulée en parallèle à la courbe d'accroissement de la population vivante...
et si les croisements passés, actuels et/ou à venir de ces deux courbes étaient contemporains de transitions culturelles, cultuelles, philosophiques, ou autres ???
 Et peut-on approximer la date de la "transition biothanatologique" la plus proche de nous ?

 
 
Une réponse de M. de Certeau sur Radio France: à l'époque des premières communautés chrétiennes, dans l'Apocalypse, on estime à 200 millions le nombre d'anges, c'est-à-dire bien plus que la population du monde telle qu'on pouvait alors la penser; ce nombre va augmenter considérablement, et au XVIIè siècle, le nombre d'anges calculé est alors de l'ordre de 1062... ((on se voudrait bien un nombre de disparus bien plus considérable que la masse de corps de passage sur cette terre, une sécurité incontestable apportée par le monde de l'azur ?)Surangélicité... Anges gardiens..., mais aussi anges représentants de l'histoire chez W. Benjamin, pour qui les anges sont ceux qui se retirent, reculent d'horreur devant l'histoire qui se ruine... Ces anges éphémères du Talmud qui disparaissent le soir... comment alors calculer un nombre aussi variable, de ces fulgurances aussi indispensables ?
 
PIB et économie, prise de conscience de la biosphère et empreinte écologique... un pas de plus, vers l'empreinte thanatologique...
 
 

 

Depuis deux siècles, les vivants prennent un peu d'importance par rapport à la thanatosphère; nous, les vivants, sommes maintenant plus de 6% de tous ceux qui sont passés, contre 0,5% environ au début du XVIIè siècle... est-ce qu'on migre pour se détacher de l'emprise de nos morts ??


Une réponse d'Annie Dillard dans Au présent (Ch. Bourgois, 2001): "Les morts dépassent en nombre les vivants, écrivait en 1991 Nathan Keifitz de Harvard dans une lettre adressée à Justin Kaplan. Selon des estimations plausibles, le nombre d'hommes qui ont vécu sur terre irait de 70 milliards à plus de 100 milliards". D'après ces chiffres relativement modérés, les morts nous dépassent en nombre selon une proportion de 14 pour 1 (autrement dit, nous ne représentons que 6,8 % de tous les humains venus au jour; parmi ces morts, la moitié sont des bébés et des enfants). Cependant, si tout se passe normalement, le nombre des Américains morts ne l'emportera sur celui des Américains vivants  qu'en 2030, car c'est une nation jeune. 



 

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Published by panopteric - dans poussières d'os
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