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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 18:14
Le Purusha s'épand encore (l'Inde, ou la stabilité d'un impalpable: Drhu)

 notes et réflexions autour de

« Journée Migrant : Santé et migrants originaires du monde Indien : mieux les comprendre et les soigner » - Hôpital Avicenne, 30 mai 2017

 

  1. Cosmogonie: la stabilité d'un impalpable, le Purusha s'épand encore

  2. Déesse et Gynocide : il n'y a pas de contraires

  3. Psychologindia : une ontologie de l'être entre micro-, macro-, et méta-histoires

 

_________________________________________________________________________________Le Purusha, ce dieu ou homme primordial de la cosmologie védique (-1200 / -700) s'épandit, se déversa, laissa émaner de lui-même, diffuse, une partie de sa substance qui progressivement généra le monde et ses créatures, incluant corps et âme humaines ; puis ce Un émanateur du monde va pénétrer à son tour son monde, y plonger, et en constituer le Soi ou Âtman. Ainsi si l'on regarde dans la bouche de l'enfant Krishna on voit le monde en totalité, car dans l'hylozoïsme hindou (conception où le monde est lui-même un être vivant), dans ce panenthéisme (système de croyance qui postule que le divin interpénètre toutes les parties de la nature, mais que, dans le même temps, il se déploie au-delà d'elle, se distinguant ainsi du panthéisme qui tient que le divin est tout entier dans l'univers, sans lui être ni extérieur, ni supérieur) il n'est pas de limites mais un hyper-enroulement dans lequel le dieu créateur maintien le lien avec sa création (une relation narcissique va ainsi persister entre le créé et le créateur); « chacun », chaque être y est donc soumis à un flux d'existence ou Samsara qui le dépasse, l'englobe et le constitue en même temps ; et entre tous les êtres existe un lien ou Maitri, base de la notion de Karuna ou compassion. Nous sommes le monde et il nous enveloppe, nous en participons et en recevons ses actes en retour (Karma). Le Soi hindou est une cosmogonie, un peuplement dirait Deleuze, et bien plus qu'une génération. La notion de Moi n'y existe pas, Moi (Ahamkara) est illusion de Soi dans ce réseau apparent de limites de la Maya qui nous brouille le continu du réel. Le sage s'efforce à une identification de l'Âtman à l'absolu du Brahman, de l'âme humaine et de l'âme du monde, du "Soi" et de l'"Être en soi". L'âme élémentaire, objet de la psychologie médicale âyurvédique, rejoindra l'Âtman à la mort, lors de la déconnexion des éléments composant le corps; mais l'Âtman ou Soi absolu se manifeste de notre vivant au travers des fonctions vitales et mentales (Manas, le mental, est le connecteur des organes de nos sens). L'Inde est le monde, ce n'est pas une culture.

 

Mais le musicien nous a dit tout cela : « Drhu est la stabilité d'un impalpable en Inde, disent les indianistes, et on sent ce quelque chose, dit-il. Pad est le maître. Une note fixe, la même tonalité est maintenue tout-au-long du morceau. On choisit un mode vocal selon le moment de la journée. Le mood est une performance dont tout le monde est instrument »

 

 

La culture, qui vise à élever des murs face à l'énergie primordiale, quand le corps originel lui est sans organe ; une protection sociale mais qui, par peur du chaos, de l'inflammation au réel, nous impose la déliaison. La culture – avec ses interdits logiques, ses blancs, ses caches - marche vers le mal, ce défaut de connaissance... Le monde est Un mais il ne montre plus au travers des cultures qu'une infinité de facettes qui semblent disjointes, et que l'on commente comme proches ou lointaines, antérieures ou inégales, alors qu'elles se sont formées au gré de l'isolement et ne se confronteront qu'au hasard des rencontres, nous comparerons nos mailles et en oublierons encore plus l'unité du monde. A ces mailles cependant il faut se raccrocher si, le mal nous ayant frappé en retour, dans le choc traumatique on devient étranger à cette logique qui nous tenait, et nous isolait d'un temps qui nous serait mortel. Par un double court-circuit brutal et subi dans la toile de l'illusion, le trauma nous rend ouvert au possible de la mort, quand la culture familiale nous en protégeait dans son champ. Se raccrocher, ou basculer, disait Eliade.

 

Alors, être au contact de cet impalpable, s'y diffuser comme en gel,

et snober le culturel, ce palpable ??

(comme on s'évade aux ressentis négatifs en méditation de pleine conscience ?)

(un jour il faudra bien ne pas revenir)

 

La femme est le but de tout voyage, fin d'erre. Les filles tirent la poudre du ciel, à leur beauté. La culture légalise le gynocide. La femme est trop déesse, trop puissante pour être laissée seule (sans hommes). La femme est la grande tentatrice, objet de réclusions et de violences ; mais elle est la grande déesse de l'ascète.

Une vision occidento-touristée, romantique puis baba-cool, du XIXe au XXè siècle ? Un postulat Indo-européen originel qui a bien aidé le colonial occidental : la violence de l'Inde, la perte d'un âge d'or ? Voire... il y aura un devenir-femme de la grande démocratie masculine nationaliste... Et les Babas gardent les cols et peuvent ressurgir, contre-culture, où ils ne le souhaitent pas...

Il y a de la dopamine dans la profusion du monde indien, qu'on l'aime, ou pas. Qu'on le trouve kitsch, ou sublime. Que l'on résonne, ou pas. Quand son océan baigne quelque chose de notre « interne » qui s'y est préparé, maintenant ou autrefois.

_________________________________________________________________________

Une géographie du monde indien (Union indienne, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Bengladesh, Bhoutan). L'Asie du Sud. Pas la Birmanie, qui faisait partie de l'Empire des Indes, pas l'Afghanistan. Une islamisation incomplète de cet espace, qui a préservé la diversité religieuse. L'Occident des Indiens, c'était l'Afrique de l'Est et notre Moyen-Orient (du terne à l'Ouest, du moins fou, du moins divers). Hindouisme Islam (14% en Inde actuelle) Christianisme Parsis (ou Zoroastriens) Sicks Jaïnistes
 

L'image à la Dumézil de l' « invasion des Aryens des plaines » et de l' « idéologie tripartite » d'un peuple originel... a fait beaucoup de dégâts au siècle dernier. On nous la ressort ici. Il est vrai que dans les échoppes indiennes les biographies de Gandhi et d'Hitler se cotoient. Mais les cultures ne se « transmettent » pas à la verticale telles des êtres vivants, elles se mêlent à l'horizontale, en nappes ; il n'est point de migrants ni d'indigènes, mais des cultures interpénétrées. A qui est la terre ?
 

Migrations précoloniales. Royaume Cham en Asie du Sud-Est. Ces vagues migratoires du passé qui, elles, sont admises, licites, souvent glorieuses, et ne le seraient plus, dans ce monde de nations. « Twice migrants » d'abord exportés dans l'Empire britannique (ou Français) avant de gagner l'ex Métropole. Tentative d'arrêt de l'émigration, volontariste, à l'indépendance. Des villages dépeuplés sur les lignes de partition. Les soutiers bengalis sur les grandes lignes maritimes, et c'est Dubaï. Mais les conflits, et les minorités qui s'exilent : Tamuls, Cashmiri, Sicks, Bengali. L'endettement des migrants, et l'argent qui fait vivre la famille au village. Au Royaume-Uni, 4% de la population est originaire d'Asie du Sud. Les Tamuls sont la première communauté d'Asie du Sud en France. Trente ans de guerre. La Chapelle. Comme le sanskrit (langue indo-européenne), la langue Tamul (bien que dravidienne) est divinité.

Et un atlas fabuleux de socio-géographie...

Est-ce qu'on intègre mieux, est-ce qu'on accepte mieux, tout-au-moins, les minorités plus lointaines, s'inquiète le grand témoin Kabyle ?

 

Une organisation sociale. Jati est un groupe d'appartenance héréditaire, qui survit au Varna dans ses conséquences sociales, dans les structures sociales, même si les discriminations du système des castes ont été officiellement abolies par les gouvernements issus du Parti du Congrès, qui survit même si l'on a changé de religion (« Varna transpire dans les groupes musulmans ou chrétiens », dit joliment Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky). Et aujourd'hui les « Rationalistes », qui veulent vaincre les superstitions, sont menacés de mort par les nationalistes hindous. Il s'agit plus que d'une politique, et plus que d'une superstition, et des femmes sont toujours supprimées de la société, à leur naissance par IVG sélective, à leur mariage si la dot est insuffisante (« La dot, ou le sari brûlé »...), ou à leur veuvage où on les contraint au retrait dans des « communautés »...
 

 

Comment être « sage » en explorant la pensée indienne traditionnelle, qui nous donne accès au réel, tout en se révoltant contre ces persécutions dans cette strate du monde construite de nos sens ?


 

Jati, donc, littéralement ce « caractère intrinsèque », régit le mariage, la nourriture, le travail, et toute la hiérarchie du pur à l'impur ; l'impur est le surgissement de nature non maîtrisée dans le corps social et pour l'éviter il faut ritualiser, sacrifier, produire un reste-germe. Jati instaure la séparation, la spécialisation, la hiérarchie.

Varna (littéralement « apparence, couleur de peau », système des castes (brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya (travailleurs) et śūdra (services) et a-Varna) est un groupe de statut religieux. Les a-Varnas sont nés impurs, ils peuvent côtoyer mort, sang et sécrétions.

 

La famille en Inde est patrilinéaire (héritage via les mâles : nom, titres, terre où l'argent revient) et patriarcale (autorité mâle, enjeu et contrôle du corps de la femme). Les mots précis de l'anthropologue. La fille donnée au clan de l'autre mâle doit enrichir sa terre : la dot. La femme est « fille de son père, épouse de son mari, mère de son fils ». Un mouvement : l'explosion récente des manifestations suite aux viols de 2012. Et un espoir : en dix ans le taux de scolarisation des filles a bondi. Et la classe moyenne « fait bouger les choses »... mais vers l'argent-roi ? La condition de la femme dans le monde indien reste un problème considérable d'atteinte aux droits humains, et il faut le dire. Cinquante-six pour cent des jeunes femmes sont mariées sans leur consentement. Viols. Rejet des veuves, réduites à l'état de servantes, têtes rasées... Purdah (réclusion des femmes). Brûlures : plus de cent mille en 2001, soit six fois plus que les statistiques officielles. « Accidents de saris brûlés »...

 

La contre-culture des 60' aux States, si elle fut indianiste, participa des marges himalayennes et de leurs babas, des ermites des forêts, et non du carcan familial des plaines et de leurs villes ! Marges de toutes cultures, ressurgissements ! Déconstruction dans ces failles restées libres !

Aucune culture n'est « pire », et dans celle-là surnage quelque chose de continu

 

Une avancée ? (au prisme de nos lois occidentales): le troisième sexe est officiel en Inde : les Hijras, androgynes par castration ou malformation congénitale, vivant en communauté, adorant Bahuchara déesse de la fertilité, et jouant un rôle important, gage de fécondité dans les mariages. Les Hijras sont... rejetés et adulés, à l'image de Shiva Ardhanarishwar, mi-Shiva, mi-Parvati sa compagne.

 

Mais voilà que l'anthropologue se révolte contre la praticienne autodidacte de l'Inde, « on donne ici des choses figées », dit-elle, on ne peut pas généraliser, il y a des réalités très locales et pas « L'Inde », il y a une dimension historique et on n'a pas le droit de dire « ça a évolué » de notre point de vue d'occidental ! « Un hindou », ça n'existe pas ; l'approche doit être existentialiste, empathique, déconstruite, et non automatique. Les veuves ne sont plus reléguées dans les villages « même si elles sont exclues de certains rites » ; la dot est une résurgence dramatique du XXè siècle, réapparue avec la monétisation ; il y a des « saris brûlés » mais plus de sati, conclut-elle. Le monde indien est un monde à facettes multiples et non exclusives, un « polythéisme extensif ». Et il n'y a donc pas a fortiori d'exclusivité « hindoue » chez le migrant.
 

Une anthropologie en dissection savante et observation neutre qui excuserait toutes les pratiques ? On approcherait des dérives reprochées à l'ethnopsychiatrie de T. Nathan... Une composante néo-coloniale dans la critique non nuancée sur les violences – réelles - faites aux femmes ?


 

Le couteau des jeunes mères

La jeune post-doc ethnologue, mordant le monde de sa beauté à la Pierre Joubert,

a défendu ses arguments / observé le monde

 

Le patrilinéaire est aussi patrilocal ; l'arrivée d'un enfant y est à la fois bonne augure et impureté de l'accouchement (les matrones sont de basse caste). L'épouse est tenue à l'écart des décisions du foyer beau-parental, et même pour le choix de son suivi médical, d'une contraception... ; mais elle participe, Mother India, de la vénération de la déesse-mère, de la Shakti : la femme enceinte est « protégée ». Protection alimentaire (l'Ayurveda met les maladies sur un axe chaud / froid (cuit / cru) sur lequel les aliments interfèrent ; par exemple la papaye échauffe et peut favoriser un avortement). Le darshan avec des images de « beaux bébés » nourrit la callipédie, cet « art de faire de beaux enfants » (et l'échographie, ce contact avec l'image, est ainsi bien acceptée). Mais se développent, en parallèle aux pratiques rituelles favorisant les enfants mâles, et malgré la loi de 1994 qui interdit le diagnostic du sexe, les avortements sélectifs féminins. Le gynocide, en marche vers l'inavouable, reste généralisé. Les asiatiques sont sexeurs... Fête des naissances masculines, discrimination et honte de la maman accouchant d'une fille...

 

Sous l'impulsion du gouvernement indien dans les années 2000, un grand tournant est pris vers la médicalisation de l'accouchement, et 80% des accouchements ont lieu à l'hôpital en 2011 en Inde du nord, soit deux fois plus que six ans auparavant ! Mais des « heurts » surviennent avec les soignants, issus de castes plus élevées et voyant débarquer « les péquenots »... La pureté n'est pas propreté (la Ganga est polluée mais pure), mais les « éduqués » refusent les « sales ». Discriminations sociales, bakchichs, malveillance, violences... La politique de gratuité du gouvernement met certes le personnel hospitalier, limité en nombre et ressources, en difficulté, mais cela ne justifie pas pour autant cet accueil non bienveillant !

 

Le nouveau-né est vulnérable aux mauvais esprits (ces femmes mortes en couches, ces âmes errantes, s'étant libérées de toute position imposée dans le dharma) et l'on craint donc l'espace de la maternité. Alors la maman ne s'y sépare pas d'un couteau, souvent posé près de l'oreiller par la belle-famille, la lame du couteau éloigne les néfastes. Et la mise au sein est différée d'un à deux jours, pour tromper les mauvais esprits : ces pratiques sont acceptées à l'hôpital. Le religieux « justifie » la coutume. Attention au mauvais œil, aussi, la vue d'un bel enfant qui induirait la jalousie d'autres familles : recours aux bracelets (rituels d'inclusion), kohl et « bindou enlaidissant » !
 

Carrefour des opiums

Entre les deux hubs du Triangle d'Or et de l'Afghanistan, le Nord-Est de l'Inde (instable politiquement) et le Penjab sont passages obligés des marchands d'opium, et on consomme sur ces routes, et la consommation fait « effet groupe » dans les villages traversés, comme au Manipur (mais... on est en pleine Zomia, dans ce Nord-Est indien!)... Comme une route de Kathmandu, sans sa vision occidento-centrée. Mais d'espace de transit hier de cette drogue dure, l'Inde, grand producteur mondial de médicaments, devient producteur de drogues de synthèse !

La consommation de cannabis est traditionnelle et souvent religieuse (bhang, mixture de cannabis incorporée à une boisson) mais l'alcool est souvent proscrit, ou stigmatisé. Les drogues de synthèse, médicaments, amphétamines, voient leur utilisation s'accroître. La réponse est policière, sécuritaire, ciblée sur les consommateurs, sans action sur les trafics.
 

Les épices des diasporas

Le fardeau culturel se traduit, l'exilé s'adapte. Ou se transculture. Se disqualifie, l'homme perdant son statut, travaillant dans l'arrière-cuisine. Mais on se raccroche, aussi, quand ça va mal, à ce poids culturel. On n'a pas envie d'échapper à sa caste et Jati n'est pas inégalité : c'est donné, c'est inscrit. Un vide si le système s'effondre. Aménagements : pas d'atrocités ici (envers la famille d'un intouchable approchant une femme), mais les violences familiales existent. Le « mari importé » renverse le système : c'est lui l'étranger dans la belle-famille (USA). Des jeunes filles qui restent à l'université pour retarder leur mariage arrangé, quand la transgression ne peut être frontale. Plasticité, mais persistance, du Varna dans la diaspora. « Elles surveillent, les femmes de Bombay » ; mais il n'y a pas de contraires, de oui/non en Inde, mais des facettes multiples, des ajouts, une circulation apophatique. L'Inde c'est le non-contradictoire.

« Quel conflit avec notre modèle égalitariste post-révolutionnaire ? » demande un auditeur.

Justifier ce conservatisme patriarcal de « cette société holiste et déterminée (L. Dumont) où l'intouchable, c'est son rôle, retire l'impureté » ? Ou se jeter dans une zomia transculturelle, là où on se réfugie pour vivre, où ça va changer d'équilibre ?

Consultation psychotrauma d'Avicenne, viol, torture, guerre (sur les huit millions de Tamuls dans le monde, 300.000 seraient en France) : enjeu fondamental de cette question culturelle, point d'ancrage qui persiste, mais qui sous-tend aussi les violences familiales liées au système... « non-contradictoire »...
 

« Ici les feuilles ne sont pas fraîches », et les difficultés de l'alimentation contribuent à la souffrance des exilés. On masse le nez de bébé, « ainsi il sera beau » dit la mère, mais elle sait bien qu'il s'agit d'un rituel de protection contre les mauvais esprits. « On ne pratique pas le système des castes ici », mais « tu la ramènes pas chez moi, celle-là ! »...
 

Aborder, selon Sainte Moro, les trois niveaux de sens avec le patient exilé :

  • ontologie de l'être : un bébé n'est pas tout neuf ! Surtout en Inde ! Plusieurs vies ! Et pas la seule généalogie ! Freud doit bosser dans tout un océan de réincarnations ! Chercher aussi dans la famille et dans l'histoire (le temple de l'arrière-grand mère détruit par la guerre) ; mais « qu'est-ce que j'ai fait dans l'autre vie pour mériter ça » est la question prégnante en Inde.

  • Sens donné à la maladie

  • logiques thérapeutiques : respect des rituels (on appelle la mère de la jeune maman par exemple, pour connaître les rituels du cordon). « Chercher au pays là où d'autres femmes ont le même problème »

 

Des antécédents familiaux et culturels que l'on peut comprendre ; des antécédents dans les autres vies que l'on peut seulement imaginer et admettre, se dit l'Européen.

Rattacher micro-histoire, macro-histoire, et méta-histoire pour retrouver un ancrage

Les lignes de faille : tsunami, exil, sans-papiers, retour, guerre, torture... Le trauma isole, par nature, dans un abyme de non-sens, et il faut retrouver des foyers d'appartenance, même si... Par exemple, resocialiser par un retour au temple (« quand le patient arbore à nouveau des marques rituelles, c'est bon signe »). Admettre les conséquences d'une vie antérieure est aussi une façon de maîtriser ce qui vous arrive. Réenraciner redonnera confiance et fera chemin thérapeutique. Pour le clinicien, admettre que l'on puisse penser différemment permettra l'établissement du lien : le patient, comme l'enfant, a besoin d'une « autorisation » pour parler sa langue (qui doit venir aussi de la famille chez l'exilé : cf. l'enfant de couple mixte attendant que sa mère lui explique que bébé elle maîtrisait les sonorités Tamul). Refuser les clichés, mais faire sentir au patient que l'on sait quelque chose de sa culture, alors il s'autorise à être reconnu, et on est dans le registre empathique.
 

La psychose des occidentés

L' « hindouisme » est une notion du XIXè siècle en Europe (un rasa post-romantique et pré-baba)... comme en Inde (une identité anti-coloniale). Le Purusha s'épand toujours dans Bollywood, et une poudre lumineuse reste toujours en suspension devant nos yeux lorsqu'ici on nous parle de l'Inde. Immergé en Inde, on prend un coup à l'imaginaire, on se met à rêver beaucoup plus, et d'un langage du corps différent (les danseurs, les musiciens, mais aussi le marchand qui balance la tête pour dire oui – ce oui résigné partiel –) on construit son irréel propre, son réel rêvé et inspiré. L'espace intermédiaire qui se redéploie, sans doute. On peut s'y égarer. Faut-il encore regarder Nocturne Indien ?

 

La sexologue, donc, nous parle de son vécu personnel de l'Inde

La pin-up est mixed Inde / Viet Nam et propose des massages ayurvédiques

Le médecin rentrant de « vers Pondichéry » en a oublié de parler des migrants

Cet impalpable qui fait associer dans notre propre rêve, cet Orient absolu, cette chaleur sourde d'une nuit qui dit, n'est-ce qu'un imaginaire ? Mais... la musique ! Le pèlerinage ! Le temple qui brûle, en continu ! La mort toujours en présence! On a refoulé, ici, aujourd'hui, la mort... Peu de pratiquants de l'Inde ici... Tout le monde se revendique d'une multitude de liens institutionnels, quand le mystique les réfute tous (de Certeau) et que le musicien les a tous assemblés toujours-déjà.

Le Purusha s'épand encore (l'Inde, ou la stabilité d'un impalpable: Drhu)

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Published by panopteric - dans fous de l'Inde
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