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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 13:57
La "pleine conscience" (MBSR), artifice méditatif ou thérapie ?

Marseille, 26 mars 2016
 

Méditation de Pleine Conscience


Artifice méditatif ou thérapie ? (un débat Science et Spiritualité)

 


Bol tibétain, méditation des bruits et des sons, internes et externes
Guide de haute-montagne
Un patient douloureux chronique tient à parler

 

 

Accepter d'être heureux ? Est-ce que c'est tolérable de se dire que l'on remet l'émotion négative associée à la pensée à plus tard, suffit-il de pratiquer et ce plus tard sera toujours un plus tard ? La puissance de ces moments d'instants pleins vaut sans doute, quoi qu'il en soit, le voyage de l'"expérience globale", quand spectre ? spectateur ? et plein voyageur sans douleur ? on se déplace dans le réel. Alors, artifice méditatif ou thérapie ? Nier le mal est-il licite, en quelle que sorte ? "L'essentiel est d'être heureux", clame la psychologie positive, mais ne nous éloigne-t-elle pas de toute compassion, et donc de tout lien d'affect entre vivants ? Mais être heureux, serait-ce d'abord, ou aussi, être connecté avec ce que l'on est, notre originaire, selon la physique quantique comme selon la sainte psychanalyse quand elle se tourne vers la mémoire archaïque ? La HAS (Haute Autorité de Santé, en France) sans doute bientôt préconisera la mindfullness based therapy, puisque ça ne coûte pas bien cher, mais n'y a-t-il pas risque de dérive, désocialisation ou secte ?

 

Être Là


Observer / éloigner les "ruminations", les pensées qui circulent
Un niveau de travail que chacun possède en lui, et trop peu utilisé

 

La boue qui se dépose au fond, l'eau claire, mais il reste la boue au fond,
dit justement un témoin

 

 

Une proximité avec une position philosophique dans laquelle le mal n'est pas inhérent à la nature (augustinienne, bouddhiste : il y a corruption de la création divine par l'homme, ou construction par celui-ci du mal); un débat aussi entre physiciens (qui théorisent dans l'absence du phénomène de mort), biologistes (pour qui la mort est processus) et médecins (qui considèrent un mal intrinsèque à extraire, et la mort en échec)). L'hindouisme, lui, intègre le mal en tant qu'une des facettes de la réalité (sinon du réel). Aujourd'hui la Pleine conscience s'érige en outil de la psychologie positive, par rapport aux travail sur les chaînes conflictuelles de la psychanalyse freudienne. Un versant nord versus un versant sud du Moi ? Plusieurs voies d'escalade possibles ? Un retour immédiat à notre énergie primordiale, chtonienne, réelle, par la méditation ; et une conscience « lourde » ou faible, celle de notre vie depuis le domaine de la chute, une tentative de retour laborieux, médiat, par la gnose, l'introspection, le croisement des symboliques ? Les deux versants conduisent-ils au même sommet ? Y-a-t-il concurrence ? Ou deux sommets polaires d'un même réel ?

 

 

On n'est pas là pour se réparer (passivement) mais pour toucher à son intégrité

 

 

« Penser pour se détendre, ou se détendre pour penser » ? D'un côté par la culture (y compris scientifique), s'accrocher aux idées, combler les vides du symbolique et de la communication, tenter le retour à l'originaire continu par la gnose, en y apportant sa pierre ; de l'autre par le réel, ce flux total, ni bien, ni mal, le bonheur au risque de la dépersonnalisation, de la perte du réceptacle corporel (du bien et) du mal ? Faire la "gazelle tranquille » (après la chasse abandonnée par la lionne, les gazelles reprennent leur pâturage au même endroit, sans inquiétude) ? Se laisser domestiquer par le réel ? Des voies complémentaires ?! Une polarité du bonheur ? (argumentaire d'un inquiet!) Une voie de pleine conscience poreuse qui permet le voyage dans le réel ; une voie d'étrange étrangeté, pensée, interception, représentation.

 

Être tranquille, ne plus auto-entretenir le stress qui charge le corps.
La relaxation
décharge le corps.
Un accès à une « autre couche », sans la « prise de tête », sans le « pilotage automatique »

 

« Ou fumer un joint » lance quelqu'un; mais être-là n'est pas être voyagé dans un flot continu d'associations.

 

On ne recherche pas un état particulier ; il s'agit d'être présent.rek.

Telles sont les trois imprécations:


intentionnalité (et non endormissement !)
dans le moment présent
sans jugement

 

 

Intentionnalité ou injonction ? La voix du thérapeute ? Quelle est cette voix qui guide la relaxation, le dépôt du trop, le dégourdissement ? Le yoga, le corps d'abord comme celui de l'hypnotiseur (F. Roustang), la méditation qui ouvre le « mindfullness ». Il n'y a pas de « jeu à jouer » ; on est dans quelque chose qui tient de la relation avec un animal domestique, dit l'orateur. Y-a-t-il danger de l'abandon en cet état passif ? Ou bien s'agit-il d'« un médicament en nous », comme dit le psychiatre, qui a lu The Lancet ?

 

Bio-psycho-social, esprit-corps-coeur, cet éclatement occidental ment, il y a une autre voie, qui fait nœud, qu'utilise le thérapeute ou le guide spirituel. L'éclatement est celui du patient addict, une pathologie du lien, une aliénation à un autre, à un produit. Ce qui soigne c'est l'autre, la voix qui emmène à soi, l'existence que l'on est aux yeux de l'autre, le thérapeute; l'autre est un objet qui fait cheminer, et non un lien comme celui qui existe à l'objet d'addiction. "Un problème est un rocher à comprendre sur la route, et pas dans l'immédiat" : nous ne sommes pas des sachants, mais des cheminants.

 

 

 

 

MBSR (mindfullness based stress reduction)

 

(1) "body scan"

Phase de relaxation préalable: un engourdissement qui part, un peu plus à chaque expir, dans un flux vers les pieds-sol, mais sans endormissement : on ressent le corps léger qui reste. Rien qui émerge pour l'instant hors cette légèreté. Ne pas anticiper l'éventuelle douleur.

 

(2) expérience globale de pleine conscience

 

On dégage un grand espace interne par les exercices respiratoires, un grand espace qui s'élargit, abdominal surtout;


On accepte ensuite les ondes sonores de toute nature (accepter au sens de ressentir, sans objectif de modifier)


Puis on accepte les pensées qui surviennent

 

Enfin on ouvre les yeux, en réception pure, regard divergent

 

 

On accepte, on identifie, sans rajouter de « couches » émotionnelles, nos filtres sont des conditionnements, on se laisse traverser ici sans jugement, on ressent le réel tel qu'il est (et non la « réalité »).

On reçoit les ondes vibratoires dans une paix qui n'est plus ni interne ni externe, dans cette grande cavité en soi qui touche au réel, mon corps n'est que fine membrane qui n'intercepte plus...  On se réancre au réel par la respiration, chaque fois que c'est nécessaire.

On est dans le flux fixe des ondes, des pensées, etc... , libéré du scaphandre reconnu lors du "body scan", on est membraneux au peu d'interceptions inflammatoires, les particules, les ondes ne fluorescent plus en sensations comme à l'habitude dans un corps tridimensionnel limité, dans le grand espace respiratoire pénètrent libres les fréquences.

 

 

Est-on présent quand on est « poreux sans plus d'interception » ? Dépersonnalisation et réel ? Comme la mort ? Pourtant on observe et ressent ce réel, toujours, il n'y a pas déréalisation, mais mise hors fonction des « filtres » usuels conditionnés.

 

 

On peut méditer sur la respiration, sur un objet, ou sur une situation précise qui pose problème. On peut revenir à soi par différents procédés, dont la respiration, il s'agit quelque soit la technique de ramener son attention sans tension (méditation n'est pas concentration)

 

« Perché » comme en psychodysleptiques, mais sans vertiges,

un pied toujours dans le réel

 

Puis une nuit folle de rêves agités où toutes les pensées sans doute tentaient ensemble le retour, fortes mais comme neutres, une agitation sans haine, sans intention même peut-être, un feu d'artifice.

 

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Published by panopteric
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