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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 10:29
Meillassoux et le matérialisme spéculatif: la pensée sans corps-mort ?

Deleuze fait progresser la pensée de plan en plan, de corps en corps; mais chaque tentative est condamnée, suivant Quentin Meillassoux, à rester corrélationnelle; en d'autres termes, puisqu'il n'existe aucun système complet, toute tentative de pensée nous fait basculer dans un nouveau système, lui-même incomplet. Matérialisme spéculatif: on est bien après la finitude, puisque l'exploratoire d'un absolu reste possible; on est bien dans un matérialisme, explorant corps après corps. Mais l'impasse de la corrélation à nous donner l'absolu est celle de la logique.

 

 

Faut-il admettre cette pensée libre, sans propriétaire (Plotin, Bion), faut-il abandonner la marque de la réflexivité au corps, et aux cognitivistes, pour une pensée en elle même ? Une pensée sans corps-mort, une possibilité de penser la capacité à ne pas être, et qui élude les ontologies, les corrélations, les "dilatations progressives du sentiment" bergsonniennes ? Cet "hyperchaos" d'une pensée absolue pourrait relever d'une sorte de temps inconcevable pour la physique, car pouvant prendre plusieurs dimensions (et dont le "temps présent" ne serait que la forme contractée). L'objet n'est "externe" que dans la contraction particulière du temps qui "fait" présent; l'objet passé est internalisé par la représentation de sa perception; l'objet futur, représentation encore pure de perception, pourrait être contigu, dans son expansion, à l'absolu de la pensée. Deleuze et Bergson voulaient isoler la perception de toute modification par la représentation, donc la pensée, Meillassoux tente de nous donner une pensée émancipée de toute perception, de tout "organe interne".

 

Deleuze pose une circulation incestueuse au travers de corps logiques, de proche en proche; il n'y a pas de corps posé chez Meillassoux, mais des conjonctions que nous circulons sans rupture de continuité (principe de non-contradiction).  Un objet sans plus de forme: l'hyperchaos. Matière sans les replis du temps, et dont le corollaire est: "je peux être mort" (QM). Un moment double dans lequel la pensée est asymptote à la désindividuation, tandis que l'individu est à chaque effraction sauvé de la mort par l'incomplétude, se restructurant de corps en corps, selon Gödel ou Deleuze ("je suis déjà un peu mort") ? Le matérialisme spéculatif: tente de montrer que seule une pensée spéculative peut surmonter le sensible, le secondaire, pour aborder la matière elle-même. Traverser les voiles de la Maya, ce réseau de limites (O. Lacombe), auraient dit Bergson et Deleuze...

 

 

lien vers Soustraction et Contraction. A propos d'une remarque de Deleuze sur  Matière et Mémoire  de Bergson, par Quentin Meillassoux, 2007

 

lien vers  Deleuze et les mathématiques | Implications philosophiques, par Anna Longo

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Published by panopteric
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