Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 12:41
Plaidoyer pour la fraternité d'A. Bidar, en tome II de L'Art français de la guerre

Pour un réchauffement spirituel de la planète: dans Plaidoyer pour la fraternité, Abdennour Bidar ose l'impensable de nos frontières: proposer à la République, avec son nom non-de-souche, de tenter de vivre enfin tout le tryptique de la devise républicaine. D'un côté, "l'occident chrétien", qui à force de chercher l'ennemi de l'extérieur, travaille efficacement à sa propre implosion; d'autre part, les musulmans, qui, dit l'auteur, doivent abandonner leurs rites d'un autre âge, les cinq prières par jour, le halal, le voile, les crachats par terre lors du carême ! Gaulois, soyez Francs, c'est-à-dire libres et épris d'un idéal, au-delà de la religion, au-delà d'un territoire ! Changez d'ère, plutôt que de poursuivre, de vivre et de valider l'implosion de l'empire colonial ! La République est un universalisme plus grand que le territoire, qu'après le XVIIIè siècle les violences coloniales ont fourvoyé (que ceux qui ne se représentent pas la tension vive accumulée depuis le temps de l'Empire lisent L'Art français de la guerre ! Ce mal qui d'ailleurs n'est pas français mais occidental...). Le successeur d'A. Meddeb peut se permettre de réaffirmer l'utopie d'a-culture qu'est la République: spiritualisons nos vies ! Les affrontements de peuples sous couvert de religions (monothéismes, marxisme) et d'expansion économique furent éclipses de l'empathie, le XXè siècle fut celui de la déliaison du monde, place à l'insurrection des consciences, son Plaidoyer pour la fraternité est le tome II de L'Art français de la guerre. Le Franc est migrant, il n'est pas attaché à un territoire, et peu regardant sur la religion: il est l'homme libre.

 

 

Aucune civilisation n'a jamais été auto-suffisante, tous les empires se sont écroulés où se disloqueront. Apoptose de l'empire colonial et métastases du cancer de l'islamisme radical, celui du stalinisme ayant cédé au libéralisme économique, dans le grand déséquilibre des échanges mondiaux. Quelques îlots de contre-culture émergèrent dans les années 60, prônant la fraternité, mais furent contenus par le système; la société diverse de la République peut aujourd'hui être le laboratoire de la liberté de penser, dans un projet de fraternité positive, et non dans une laïcité passive; il faut aujourd'hui mondialiser les rapports de conscience. N'ayons plus peur du sacré, dit A. Bidar, mais libérons-le des rites archaïques, nous sommes au XXIè siècle, et libérons-le de toute soumission de la pensée à un quelconque dogme. Libérons-le aussi de toute interdiction du rire ! Nous sommes peuple de la Révolution, et non des armes ou du pouvoir économique, si nous avons une mission c'est celle de la fraternité, du lien, et non des règnes, des frontières. Nous sommes tous des immigrés, l'Europe du XVIIIè en a sans doute eu conscience avec les Lumières, puis s'est abattu l'ère sanguinaire des nations qui culmina dans les horreurs du XXè... Mais d'autres prises de conscience non-violentes sont advenues bien avant, en Asie, avec la Maitri de l'Inde ancienne, et le bouddhisme par exemple; avec Aristote aussi: la difficulté majeure à l'acceptation du plaidoyer d'A. Bidar est son centrage sur la France... car on est passé à autre chose maintenant que le concept de nation immune.

 

L'archaïsme des pratiques religieuses ne doit pas non plus continuer à faire frontière, c'est du côté profane que l'on pense, et ré-écrire maintenant à tous nos frontons le mot fraternité est un acte fort: "tout ce qui monte converge". Nous restons au yeux des "nations" le peuple de la Révolution, celui qui a rappelé la fraternité des être humains, les inscrivant "libres et égaux en droits"... puis vint l'aberration morale de l'épisode colonial, que nous pouvons choisir aujourd'hui d'assumer et de transformer, ou de finir d'en mourir. Il n'est pas une "anthropologie sinistre", guerre de tous contre tous, mais une mesure de l'homme à partir de son humanité même, et nous vivons un de ces moments où il est possible de contribuer à changer d'ère. On ne naît pas fraternel, on le devient...; des petites choses, un peu plus à chaque fois. "Du clos à l'ouvert", proposait Bergson l'indianiste; "l'amour est ma religion et ma foi", disait Ibn Arabi. Dire bonjour, en premier pas de la fraternité spirituelle... Abandonner les rites archaïques de la sous-alimentation religieuse... Être critique à l'égard de la religion, au nom d'une expérience intérieure, dit l'auteur, qui, elle, se partage. Sinon, dans les sociétés multiculturelles et immunologiques que certains veulent cultiver, ce sera inévitablement la guerre.

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Abd El Salam 04/09/2015 22:17

Bonsoir.
Ni les sectes, ni l'humanité n'est un critère juste pour la fraternité. Les francs-maçons (et les ignorants qui leur ressemble) disent que les hommes sont tous frères car ils sont humains ou de la même secte. Mais Allah n'a pas agréer la franc maçonnerie pour les gens. Il a agréer pour nous l'islam, la meilleur des religions, et Il veut que nous soyons attaché au Coran et à la Sounnah.
La condition pour la fraternité c'est la foi, preuve en est qu'Allah tabaraka wa ta'ala a dit dans le Coran (selon le sens) : { Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde. } [Al Houjourate: 10].

De plus, Allah تعالى a dit (TRSV) : { Et si Allah voulait, Il les rassemblerait tous sur la guidée. Ne sois donc pas du nombre des ignorants. } [Al An'am (6) : 35]

L'union ne peut que se faire sur la guidée, sinon c'est un rassemblement de gens divisés, comme Allah تعالى nous a dit au sujet des hypocrites (TRSV) :
{ Tu les croirais unis, alors que leurs cœurs sont divisés. C'est qu'ils sont des gens qui ne raisonnent pas. } [Al Hachr : 14]

opium 05/09/2015 10:35

bonjour,
pensons par nous-mêmes, c'est notre mission humaine !
la religion n'est qu'une machine à ne pas penser, inutile aux collectivités fraternelles
éric